Laurence Saquer - web-optimiste jusqu'au bout des ongles...

Le web peut fasciner ou effrayer certains d’entre nous quand il est question des rapports humains. Mais lorsque Laurence Saquer s’exprime sur ce sujet, il nous prend l’envie de nous immerger un peu plus dans la sociologie du web. Regard d’une sociologue sur le web

Le web est un territoire nouveau pour la sociologie, même si Laurence précise qu’il ne constitue pas une « nouveauté sociologique ». Les communautés ont toujours existé dans l’histoire de l’humanité mais des sociologues comme Antonio A. Casilli ont récemment publié des ouvrages de référence sur l’étude du web et du concept de « réseau ». La sociologie politique serait actuellement, d’après notre sociologue, la branche la plus active dans l’étude des comportements sociaux sur le web.

Dans son blog Monadolab récemment mis en ligne, Laurence Saquer souhaite partager son éclairage sociologique sur sa propre expérience de professionnelle du web. Elle se réjouit d’ailleurs du retour positif qu’elle a reçu pour son billet non sans humour De la détresse des community managers amateurs. Elle parle de ce sujet en connaissance de cause car elle anime en amateur depuis 2006 des communautés en ligne.

Le web est-il un danger pour les rapports humains ?

Laurence Saquer ne partage pas l’avis des web-pessimistes. « Le web ne renferme pas les gens sur eux-mêmes. Au contraire, il propulse et démultiplie les volontés sociales ».Et à ceux qui mettent en garde les publicitaires contre les internautes, elle invite les professionnels du marketing et de la communication à observer les prises de paroles en ligne des consommateurs. Il faut distinguer la prise de parole spontanée de la prise de parole engagée sur le net  (comme la création d’une page de fan d’une marque, par exemple). Une marque ne se fait pas « déposséder de son âme », contrairement à ce que Jacques Séguéla a récemment exprimé au Hub Forum (voir vidéo de l’intervention de Jacques Séguéla). La prise de parole en ligne des consommateurs représenterait plutôt un formidable levier vers une nouvelle cible de clients. Elle permet même d’étudier l’image réelle que véhicule sa propre marque, d’être en adéquation avec ses propres consommateurs. En cas de communication de crise (buzz de vidéos compromettantes, création de blogs de consommateurs en colère), Laurence Saquer invite les marques à communiquer avec les internautes à l’origine de ces initiatives et à créer des espaces dédiés à la prise de parole des consommateurs à l’instar de C-Discount avec le forum La Fourmillère. Dans tous les cas, le maitre mot est la transparence.

Le web et et les femmes

Et que conseille-t-elle aux femmes pour se faire une place sur le web ? « Diversifiez vos compétences et soyez polyvalentes », un conseil qu’elle adresse aux internautes des deux sexes mais avant tout aux Girlz in Web.

Laurence Saquer est sociologue de formation. Elle met en suspens sa carrière de chercheur en science sociales en 2008 pour « mettre les mains dans le moteur ». Elle entre dans le monde de la communication d’un groupe international de services avant de rejoindre l’agence Plan.Net en 2009. Animatrice de communautés en amateur depuis 2006, Laurence découvre enfin chez Plan.net que Community Manager constitue un vrai métier.