Les débats sur l’intérêt et les méthodologies des études qualitatives et quantitatives sont toujours présents. S’y ajoute seulement l’essor des études auto-administrées online qui n’ont fait que les raviver. De plus en plus intégré, le web s’immisce dans la définition même de la stratégie d’entreprise. Ainsi, comprendre en profondeur les jugements et attentes des internautes participent-ils à repenser le positionnement stratégique de l’entreprise ?

Les méthodologies classiques d’études qualitatives peuvent s’adapter au web et y trouver un intérêt certain. Quand les études online auto-administrées apportent certains éléments de réponse, souvent quantitatifs ou limités à une série d’items, les focus group qu’ils soient online ou IRL permettent d’aborder en profondeur les jugements et attentes des internautes vis-à-vis d’un dispositif web mais aussi plus largement de l’entreprise étudiée. Ces réunions ont effectivement l’avantage de soulever des problématiques diverses et d’apporter des éléments de réponse sur le développement d’un nouveau modèle stratégique.

Une meilleure compréhension des jugements perçus via la présence online de l’entreprise

L’image d’une entreprise passe aujourd’hui nécessairement via le web. Dans le cadre d’une étude qualitative, le groupe peut-être interrogé et avoir la capacité d’expliquer spontanément l’image qu’il a de l’entreprise simplement en naviguant sur Internet, permettant ainsi de mieux comprendre les interactions entre l’entreprise et ses publics-cibles. Ces jugements ont ainsi la force d’apporter un autre regard sur les relations entretenues et de tenter de les améliorer.

Une explication des usages des internautes

En complément des analyses statistiques, un focus group a l’avantage de laisser les internautes expliquer spontanément et modérément, (grâce au phénomène de la dynamique de groupe) ses habitudes de navigation. Une manière de donner du sens aux chiffres et d’optimiser les parcours des internautes en intégrant l’approche « user-centric ». Cela passe souvent par une redéfinition organisationnelle et langagière des contenus éditoriaux. L’entreprise est ainsi incitée à se repenser structurellement.

Une formalisation des attentes des publics-cibles

Analyser les jugements et usages des internautes ne suffit pas ; encore faut-il les formaliser pour y apporter des réponses concrètes et opérationnelles. Le groupe peut justement être amené à faire des exercices de créativité lors desquels il est invité à se projeter dans des situations souhaitées. En le sollicitant de la sorte sur ce que pourrait être la plateforme web idéale, il participe à un début de formalisation de ce qu’il attend de l’entreprise. Des pistes peuvent ainsi émergées et être à la fois confrontées et optimisées.

Au regard de ce qui vient d’être énoncé, il apparaît que les études qualitatives dédiées au web ne se limitent pas à une analyse purement marketing mais peuvent également apporter des réponses d’ordre stratégique. Elles ont la capacité de faire émerger de nouveaux modes relationnels, de repenser structurellement l’entreprise et d’imaginer d’autres modèles au plus près des futures attentes des publics-cibles. Ces éléments apparaissent ainsi comme des outils à exploiter pour redéfinir son positionnement stratégique, le web participant à mettre en place ce que pourrait être l’entreprise 3.0. Finalement, l’entreprise web 2.0 doit-elle se limiter à une offre de services logiciels ou peut-elle aller plus loin ?

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