Hashtag failconf

Devant le succès de cet évènement, organisé ce mardi 1er février 2011 chez Microsoft et par sa fameuse équipe (Blaise Vignon, Julien Codorniou, etc.), on peut s’attendre à un carton lors de la V1.

Elle a d’ailleurs été annoncée pour le mois de septembre dès l’introduction de Roxanne Varza, toujours là pour apporter une touche fine et féminine dans une audience particulièrement masculine.

Une rencontre autour de l’entrepreneuriat

Importé des US, ce format de rencontre autour du thème de l’échec dans l’entrepreneuriat, a suscité un engouement fort dans la communauté Web française. Microsoft, qui soutient l’écosystème des start-ups, a créé une opportunité d’échanger et de provoquer un vrai débat qui a animé les esprits pendant plus de 2h.
Selon Techcrunch, ce sont plus de 600 participants qui étaient présents hier dans un amphi’ où avaient lieu les présentations, mais aussi des salles annexes où était retransmis le livestream faute de place. Le fil Twitter #failconf a été quasi saturé, avec toute sorte de twitts en continu. Dont nous avons pu apprécié quelques extraits grâce à la solution Balloon.

1400 inscrits sur Facebook

Sur la page Facebook qui annonçait l’event, plus de 1400 membres du réseau s’étaient inscrits… mais une bonne partie n’ont finalement pas confirmé leur venue avec l’inscription obligatoire à effectuer sur le système MS Events, qui d’ailleurs a montré quelques signes de faiblesse puisque la plupart des inscrits n’ont pas eu de confirmation en retour.

“Fail” dira t’on? non, plutôt outil à améliorer pour la prochaine fois, puisque celle-ci n’était qu’une version “bêta” 🙂

Si cette conférence a attiré autant l’intérêt des français, entrepreneurs, professionnels du Web pour la plupart, c’est que le sujet était tout à fait pertinent: dans une société où parler de l’échec est assimilé à un tabou et que ceux qui le vivent sous souvent mal vus. Il était temps de se poser les bonnes questions: « et si l’échec n’était qu’une étape d’un long chemin, parfois, vers la réussite? et si les revers que l’on peut connaître dans notre vie professionnelle (et même personnelle) sont autant d’expériences pour avancer? » et donc également utiles à partager, pour qu’ils relèvent alors de l’apprentissage bénéfique à tous, et non de mauvais souvenirs à enfouir ou à effacer de son CV.

Amphi fail conf

« It’s fine to celebrate success but it is more important to heed the lessons of failure.” Bill Gates

Selon la citation de Bill Gates (que je vous remets si vous l’avez ratée: “It’s fine to celebrate success but it is more important to heed the lessons of failure.”), l’objectif principal est donc de tirer les leçons d’un échec, et savoir rebondir. Car ceux qui n’essaient pas, n’ont aucune chance de rater, mais aucune non plus de réussir !

Gilles Babinet (serial entrepreneur, qui a notamment fondé Eyeka, Musiwave, Digibonus) a ouvert la session avec une vision très personnelle et positive: la notion d’échec n’est qu’une question de perception, et que ce sont les Français surtout qui en font un élément négatif. Or, comme il l’illustre si bien, avec des exemples forts comme Einstein ou les Beatles, ceux qui ont échoués, sont aussi ceux qui ont pris des risques, qui essaient, qui se remettent en question, qui savent des choses que les autres ne peuvent pas voir, etc.

Plusieurs intervenants ont illustré la thématique abordée.

Et en résumé, sans échec, la plupart n’aurait sans doute pas réussi. Il s’est aussi appuyé sur l’idée que la peur, ce comportement négatif qui nous habite parfois, était un des vecteurs d’échec. Parce qu’elle nous fait craindre le regard de l’autre, elle limite notre créativité, empêche l’agilité… autant de facteurs qui mènent à l’échec.

Son intervention était vraiment riche et orientée sur l’humain, car il nous a fait part de son propre vécu. Malgré ce qu’on peut croire, son chemin a été parsemé d’échecs, et il a toujours su retourner la situation pour incarner aujourd’hui la réussite et l’optimisme ! Ses mots de conclusion ont été BIENVEILLANCE et ENTHOUSIASME, qui selon lui sont nos “Dieux intérieurs”. A méditer.

« Il y a encore 15 à 20% des sociétés qui ne réussissent pas

Michel Dahan, VC & PDG chez Banexi (qui a brièvement décrit leur revente réussie de Kewego à Kit Digital, société américaine cotée au Nasdaq) a indiqué que pour eux aussi, l’échec faisait mal. Et que même si, sur 400 sociétés rencontrées par an, ils n’en retiennent que 4, il a encore 15 à 20% des sociétés qui ne réussissent pas… L’investissement étant fort -et par investissement, on entend le côté relationnel, humain et non pas seulement financier- les VCs sont aussi confrontés à l’échec. D’ailleurs, parmi les sociétés qu’ils sélectionnent, ils misent beaucoup sur l’équipe et non pas que la techno’, car selon eux, ce sont les hommes et leur ambition qui évitent d’être en échec dans la majorité des cas.

Des conseils pour réussir

Daniel Kahn, du cabinet d’avocats spécialisé en droit des affaires du même nom (Kahn & Associés, également sponsor de cette Fail Conf’) s’est attelé à donner des conseils pour réussir en créant de prime abord une société solide. Quelques basics, importants à rappeler, ont été cités: s’entourer de bons professionnels, être fort (“tough”), écouter les autres, savoir redémarrer en cas d’échec, s’appuyer sur les expériences pour avancer, etc.
Sa conclusion, qui fait d’ailleurs écho à son introduction, cite Oscar Wilde, qui a écrit: “il faut viser la lune car même en cas d’échec, on attérit dans les étoiles.” Joli, juste et finalement, comme au Loto: 100% des gagnants ont tenté leur chance!

Fail Conf Panel

Les entrepreneurs soient de plus en plus nombreux et ont une “méchante” envie de réussir

Après 1h30 de présentations très hétéroclites, mais bien équilibrées, une table-ronde animée par Roxanne et Julien a accueilli:

  • Jean-David Chamboredon d’ISAI
  • Laurent Kott, CEO d’Inria Transfert
  • Frédéric Pie, ex-Vodéo
  • et Philippe Rodriguez, ex- Wantuno et actuellement Mix Commerce
  • 2 VCs et 2 entrepreneurs, un débat assez philosophique et interactif. J’ai noté une remarque qui illustre bien le retournement de situation positif sur le marché: malgré une frilosité française dans l’entrepreneuriat et une faible prise de risque en général, il semblerait qu’entre 1998 et 2010 (selon Jean-David), les entrepreneurs soient de plus en plus nombreux et ont une “méchante” envie de réussir.

    Connaître ses limites et ses moyens, afin d’atteindre des objectifs dont on est capable.

    Stéphane Distinguin (de Silicon Sentier, FaberNovel, ex-Digitick et AF83) a eu la délicate tâche de conclure cette première édition de la Fail Conférence française. Quelques points qu’il aura retenu des échanges précédents :
    1) la grande valeur de l’apprentissage
    2) que le succès est tout à fait relatif, selon où et quand on y pense
    3) les choses et les mentalités progressent et changent, y compris en France
    4) et qu’il faut parfois arrêter de rêver et garder les pieds sur terre.
    5) Finalement, éviter l’échec, c’est aussi connaître ses limites et ses moyens, afin d’atteindre des objectifs dont on est capable.

    Alors que le micro était dans la salle pour quelques questions finales, une femme, que dis-je, deux femmes ont pris la parole pour noter qu’il était bien dommage de ne pas avoir assisté à des interventions féminines. Sylvie-Marie Brunet, porteuse d’un projet encore confidentiel, espère que la prochaine fois, la parité sera mieux respectée.

    « C’est surtout la réussite sociale et humaine qui devrait nous importer au quotidien »

    La seconde personne à réagir a simplement ajouté que “derrière chaque grand homme, il y avait une grande femme”. Ce sont sur ces sages paroles que s’est achevée cette Fail Conférence. Le public enchanté, moi y compris, est vraisemblablement sorti pleine d’optimisme et d’ambition. En espérant aussi pour ma part, entendre lors de la prochaine édition plus de voix féminines. Même si, comme l’a souligné Sylvie-Marie, nous sommes parfois plus humbles, les échecs parsèment tout autant nos chemins.

    Ma conclusion personnelle, inspirée par cet évènement, c’est que l’on “juge” trop souvent le succès (et donc l’échec) sur le résultat financier d’une société… Or, c’est surtout la réussite sociale et humaine qui devrait nous importer au quotidien, liée ou non d’ailleurs à une activité professionnelle.


    Crédit photos : Olivier Ezratty