Avant-propos / NDLR : Quand 2 Girlz in Web assistent au même event sans le savoir, et partagent toutes 2 leurs impressions… Ca donne 2 billets sur le même sujet. Et, en l’occurrence, un seul et même enthousiasme. Après celui de Jessica Gauzi, voici le retour de Klaragora sur la FailConf de la semaine dernière. Un billet rédigé le lendemain, que, soyons franches, vos humbles éditrices du portail n’ont pas publié dans les temps. Bonne lecture !
Amphi fail conf

Hier soir chez Microsoft a eu lieu un événement inédit…

  • non pas dans son format : classiques interventions, conférences, table ronde, cocktail, le tout sponsorisé à bloc)
  • non pas dans son public : entrepreneurs entre 20 et 70 ans, investisseurs, VC, business angels, appelez ça comme vous voudrez, le tout saupoudré d’ambassadeurs Microsoft
  • mais dans son sujet pour le moins original…
  • Puisqu’il s’agissait de la première conférence dédiée… à l’échec entrepreneurial.

    Avant toute chose, d’où vient ce projet de conférence ?…

    D’une idée farfelue sortie d’un cerveau d’entrepreneur breton parti aux US pour faire fructifier son business, mais revenant au moins une fois par an en France pour participer au premier événement européen consacré au Web… événement qu’il a lui-même créé en 2004…

    Bon. Une idée de Loïc Le Meur, donc, alias @loic sur Twitter. (J’espère que vous aviez trouvé… !)

    Le postulat de base ? « On célèbre à juste titre les succès, mais on ne raconte pas souvent comment on surmonte un échec, l’impact qu’il peut avoir sur une carrière et dans la vie des entrepreneurs. »

    La conférence est introduite par Blaise Vignon alias @Blaise_V, responsable des relations avec les start-ups pour Microsoft de son état… ou « Emerging Business lead Platform & Ecosystem », dixit sa carte de visite.

    Evidemment, il fallait citer le gourou made by Microsoft, en préambule de toute  intervention, citation que je vous rapporte ici :

    “It’s fine to celebrate success but it is more important to heed the lessons of failure.” Bill Gates, founder of Microsoft.

    Au-delà des quotes, Microsoft accompagne chaque année 300 start-ups, nous apprend Blaise.

    Les principaux partenaires de l’événement, outre Microsoft qui nous accueillait dans ses locaux (500 personnes, quand même, et 1500 personnes en tout qui auraient voulu venir), étaient les suivants :

  • Notre Roxanne nationale (si l’on peut dire), de TechCrunch France, alias @roxannevarza. Américaine vivant actuellement à Londres mais complètement adoptée par Paris… Si vous ne l’avez pas déjà vue au Start-Up WE Paris, c’est à un événement à la Cantine, ou à une soirée Mashable, ou à un événement Girlz in Web, bien évidemment…
    On l’a peu entendue, malheureusement, car elle nous fait souvent cadeau d’interventions brillantes qui font honneur à la gent féminine. (Petit discours féministe à deux balles, j’en conviens !)
  • Notre gourou entrepreneur français à nous, Gilles Babinet, alias @babgi, fondateur notamment de Musiwave, Eyeka, Captain Dash
  • Première intervention par Gilles Babinet

    Intervention de loin la plus captivante (peut-être parce que c’était la première aussi…), ayant pour thème : « l’importance de l’échec dans la vie de l’entrepreneur ».

    Gilles nous a fait notamment 3 confidences qui en rassureraient plus d’un :
    1. « Beaucoup me voient comme un génie à qui tout réussit, alors que, petit, j’étais toujours dernier de classe ou presque, à tel point que mes parents ont voulu vérifier mon QI et se sont aperçus que j’étais en-dessous de la moyenne, avec 96 points… »
    2. « La plupart de mes boîtes ont dû être modifiées en profondeur car vouées à l’échec au départ. »
    3. « Je fais entre une et deux heures de méditation par jour » … !

    En vrac, je vous livre quelques verbatims qui m’ont paru « clés » dans cette intervention, toutes en mode 140 caractères : venue sans papier, ma TimeLine a fait office de bloc-notes !

  • « L’échec fait partie du cycle de vie de l’entrepreneuriat »
  • « La France est le pays de la pensée unique, des conservatismes et de la peur »
  • « Pour être un loser, n’abondez que dans le sens des causes gagnées : « les racistes sont des cons », « la misère, c’est une catastrophe »… »
  • « Critiquer un concurrent ne l’a jamais fait disparaître »
  • « La peur est à l’origine des crispations et de l’échec »
  • « Être bienveillant, c’est accepter les idées a priori saugrenues. Induire un esprit de créativité dans son entreprise »
  • « La peur est l’ennemie de l’entrepreneur : c’est la somme de vos chutes qui fait que vous savez marcher »
  • Seconde intervention, celle de Michel Dahan, de Banexi Ventures

    Il nous a livré « Le point de vue du VC », avant de laisser la parole à Daniel Kahn, de Kahn & Associés, proposant une keynote sur le thème : « Bien réussir son échec pour  rebondir et autres histoires vécues »

    Là encore, quelques verbatims issus de ces deux interventions :

  • « Une bonne équipe avec une techno moyenne sera toujours meilleure qu’une bonne techno avec une mauvaise équipe »
  • « Sur 10 deals de VC, la règle voudrait que 7 failent et coûtent de l’argent, 2 vivotent, 1 fait vraiment gagner de l’argent et rentabilise les 10 investissements »
  • « Les vrais échecs, c’est entre 10 et 15% des dossiers financés par les VC : on voit 400 sociétés par an, et on en sélectionne 4, qui sont pour nous nos challengers »
  • « Certains qui ont réussi deviennent ensuite autistes aux nouvelles idées et nouveaux projets »
  • « Parfois on pousse l’entrepreneur dans ses retranchements pour voir si vraiment il y croit »
  • « Règle de base pour entreprendre : savoir s’entourer de bons conseillers et… Savoir les écouter… »
  • « Un diagnostic lucide, rationnel, honnête suite à un échec est déjà une belle façon de rebondir »
  • « Il y a des CEO pour emmener des boîtes jusqu’à 1M$, 10M$, 50M$… À chaque étape, on vire les CEO d’avant. »
  • « Il faut pas hésiter quand c’est nécessaire de virer le CEO, même quand il s’agit du fondateur »
  • Une table ronde

    La table ronde qui a suivi réunissait JD Chamboredon (ISAI, le fonds des entrepreneurs Internet),  Frederic Pie (Ex-Vodeo), Laurent Kott (CEO, Inria Transfert), Philippe Rodriguez (Ex-Wantuno).

    Fail cocktail ?

    Je vous propose une petite ellipse narrative pour garder le peu d’attention qu’il vous reste et arriver au cocktail qui était, pour le coup un beau fail : on s’attendait, étant dans un lieu tout de même qu’on peut qualifier de prestigieux, à des cocktail dînatoire de fou, des petits fours rivalisant de saveurs et un service sympathique…

    Eh bien on a dû se contenter de chips… !

    Au-delà de cette considération bassement culinaire (oxymore ?), ce cocktail avait surtout ceci d’intéressant de pouvoir poursuivre les échanges amorcés pendant la conférence avec des gens souvent passionnés, souvent passionnants, chacun ayant mené des projets plus ou moins successfuls…

    Le plus important, derrière échecs, comme réussites, ça reste les hommes et les femmes qui portent le tout et font tout pour emmener leurs idées, leurs projets, le plus loin possible, avec enthousiasme et talent…

    Bravo à chacun, chacune, bonne chance à tous les entrepreneurs…

    * Oui, je sais, le jeu de mot est un peu facile, mais 3 ans dans la PQR et vous êtes condamnés à passer maître dans l’art des titres pourris…

    Crédit photo : Olivier Ezratti