Portrait Thien Nguyen

Thien Nguyen est Directrice de projet marketing chez Delasource, une agence cross-média. #WTF? Si toi aussi tu t’es toujours demandé ce que cachait ce terme et si il existait de vrais métiers derrière, Thien nous dit tout et c’est super intéressant…

Qui es tu ?

Je suis directrice de projet marketing chez Delasource, une agence cross-media. En parallèle, j’écris sur Un Sushi dans mon Lit, un petit carnet en ligne sur lequel je blablate depuis 7 ans. Il y a un an, j’ai co-fondé avec Laurent François, le web mag d’opinion Tout Ca qui tourne grâce à la participation d’une vingtaine de chroniqueurs passionnés. J’organise également tous les mois des concerts dans mon salon, sous le nom de code Live-Room pour faire découvrir de jeunes artistes pleins de talents ! Et depuis peu, je suis l’un d’eux justement dans son développement, Astrazz.

Quel est ton parcours ?

Le bac en poche, j’ai intégré l’ISCOM, dans la branche journalisme, audiovisuel et multimedia. Quatre ans durant lesquelles, j’ai enchaîné les stages dans des domaines divers et variés tels que le cinéma (je voulais devenir critique de cinéma à l’origine), la musique, le journalisme, le web. J’en ai profité pour essayer de cerner ce que j’aimais faire. J’étais vraiment tiraillée par la passion de l’écriture, l’envie de réaliser des documentaires, bosser dans la musique, produire de jolis sites internet. Finalement, j’ai débuté dans la vie pro il y a cinq ans dans la rédaction de MetroFrance.com en tant que web-éditrice.

Quelles sont tes précédentes expériences pros ?

J’ai vadrouillé dans des structures vraiment différentes ! Parce que le web est vaste et les fonctions nombreuses ! Pas facile de trouver du premier coup le dream job ! Alors j’ai tâtonné et j’ai frappé à quelques portes pour me faire une idée : chef de projet chez eStara (presta spécialisé dans le call back), webmarketeuse chez Bloxx (agence conseil en com’ online), Key Account Manager chez Nexway (distribution digitale de logiciels). Toutes ces expériences ont un point commun cependant, elles m’ont permis de travailler en front avec les clients et m’ont appris la patience et la diplomatie :)

Que signifie l’intitulé de ton poste, quelle est ta mission ?

La taille de la structure joue un rôle indéniable dans ce qu’implique la notion de direction de projet. Ici, vu qu’on est une petite équipe, c’est important de savoir fonctionner comme un couteau suisse. Du coup j’interviens sur un projet de bout en bout : prise de brief, écriture des recos stratégiques, création et mise en oeuvres des campagnes. C’est un boulot de chef d’orchestre en quelque sorte. Si ça tourne mal, ce n’est pas que les musiciens ont été mauvais, mais qu’ils n’ont pas bien été dirigés. Je travaille au quotidien de concert avec les créas, les devs, le marketing, les CM. Ce qui est cool, c’est que je peux à la fois concilier le pragmatique (la gestion de projet), et le créatif (en bossant sur la DA de certains projets).

Tu travailles dans une agence cross-media, ça signifie quoi, qui sont tes clients et partenaires ?

Ca signifie qu’on est des story-teller multi-supports :) J’ai de la chance d’être dépaysée au quotidien dans mes missions parce que je ne vais pas uniquement bûcher sur des problématiques digitales. Chez Delasource, on fait beaucoup de production vidéo, de l’événementiel – notamment corporate – de la com’ plus traditionnelle aussi, on développe également des serious games etc. Nos clients ? Orange, LG, Groupama, la RMN (réunion des musées nationaux) entre autres. En ce moment, on bosse sur pas mal d’applis iPhone / iPad. La dernière en date justement sort bientôt à l’occasion d’une expo qui aura lieu prochainement au Grand Palais. Pour nous épauler, on travaille avec des collaborateurs réguliers en fonction du type de projets : réalisateurs, motion designers, flasheurs indépendants… D’ailleurs j’en profite pour lancer un appel, si vous avez du talent, envoyez nous vos cvs !

Selon toi comment va évoluer le brand content ?

Le brand content c’est un peu comme le cinéma non ? Divertir en croisant les doigts pour faire du chiffre derrière. Alors comme au cinéma, les nouvelles technos vont permettre régulièrement de créer des productions qui en jettent pleins les yeux. Plus d’interactivité, d’effets spéciaux, de 3D. Dans la forme, on sera toujours ébahi par chaque innovation. L’honneur au premier, qui sera copié, recopié jusqu’à ce que le public se rende compte de la combine. Donc comme au cinéma, peu importe les effets spéciaux, il faut de bonnes histoires (et originales ! attention aux remakes foireux!) Le brand content évoluera avec les attentes et les mentalités des gens. Parce que ce qui les fait rire aujourd’hui, ne le fera peut être pas se tordre en deux demain.

Ton secteur vit il une révolution marketing ?

Une révolution ? Où ça ? :) La révolution concerne surtout les acteurs qui composent le secteur. Aujourd’hui on vous demande de plus en plus de choses qu’on ne vous n’avez jamais apprises à l’école, mais qu’il est important d’acquérir en étant curieux, en observant ce qui se passe concrètement, et en suivant l’évolution de l’environnement auquel vous appartenez. De nouveaux métiers émergent pour combler de nouveaux besoins. Par exemple récemment Facebook cherchait un Journalist Program Manager. Les frontières entre les disciplines se brouillent, il faut être touche à tout et comprendre les nouveaux enjeux, savoir comment trouver de la cohérence dans l’enchevêtrement des métiers.
Quant aux révolutions marketing, il ne faut pas se leurrer, il n’y en a pas tous les quatre matins. Ce sont souvent des concepts vieux comme le monde, recyclés sous la caution d’une dénomination qui en jette et qui fera joli dans les articles de marketing et les propals d’agence. Personne ne me fera croire que le story-telling date d’hier. Les nouveaux concepts mettent du temps à se crédibiliser et faire leur preuve. D’une part, les agences mettent un certain temps à les assimiler dans leurs stratégies. D’autre part, il faut le double voir le triple de ce temps pour le faire mûrir auprès des clients. Après, le souci, c’est qu’ils veulent tous la même chose, sans vraiment comprendre ce que ça implique derrière…

Peux tu nous dévoiler quelques sources de veille pro et perso ?

Ma veille perso sert beaucoup ma veille pro. Pour être honnête, je trouve les articles sur le marketing très rébarbatifs. Tu en lis un, tu as l’impression de les avoir tous lus. Néanmoins, j’avoue avoir une multitude de flux dans mon Google Reader à ce sujet. Mes préférés sont : The Next Web (mais bon, c’est plus geek que marketeux), j’aime la plume de Seth Godin (même si en lisant j’ai l’impression de lire de la PNL), The Digital Influence Mapping Project, le blog de John Bell, Epic Fu avec Zadi Diaz etc. Côté journalistique je conseil l’excellent, Nieman Journalism Lab. Ca c’était pour les sujets un peu sérieux, avec les grands titres de presse notamment. Mais ce qui m’intéresse le plus c’est l’entertainment. Ca m’inspire pour mes recos. Musique, ciné, série, design, des blogs sur le Japon (j’adore la culture japonaise), qui sont une source d’inspiration inépuisable et un régal pour les yeux et les oreilles.Il y a une foultitude de liens pertinents mais pour être brève et efficace : Spinner et Pitchfork en musique, Spoiler TV pour les séries, Swissmiss pour les tendances/design, Blogomatic3000 et Film Junk pour le cinéma, The Daily Beast, Hypebeast etc.

En tant que blogueuse comment geres tu ton personal branding ?

En tant que blogueuse pas grand chose… :) à moins de bloguer pour la gloire ou pour de l’argent, je me demande à quoi sert le personal branding pour un blogueur lambda. En revanche, en tant que professionnelle, oui, là c’est important de faire attention à son image, ou même lorsque l’on défend un projet qui nous tient à coeur. Mais de manière générale, j’essaie de rester discrète, de ne pas raconter trop de conneries. C’est déjà pas mal non ? 😉

Un conseil aux lectrices ?

Une définition de la réussite que je me permets d’emprunter à Anthony Robbins, parce qu’elle vise plutôt juste

« Rire souvent et beaucoup, mériter le respect des gens intelligents et l’affection des enfants, gagner l’estime des critiques honnêtes et endurer les trahisons de ceux qui ne sont pas de vrais amis, apprécier la beauté, trouver ce qu’il y a de mieux dans les autres, laisser derrière soi un monde un peu meilleur, par un bel enfant, un jardin fleuri, ou une condition sociale moins dure, savoir qu’une vie a respiré plus facilement grâce à vous, voilà ce qu’est la réussite »