Jeudi 23 juin 2011, après une soirée mémorable, l’ultime journée du voyage en Israël démarre avec le second temps fort de notre passage à Tel-Aviv : une rencontre à la « fraiche » avec Jérémie Berrebi. Les blogueurs, qui ont été comme moi invités par Nicole Guedj et la Fondation France-Israël, découvrent un personnage duel, passionné et passionnant, dont les préoccupations collent complètement avec notre thème des nouvelles technologies en terre sainte !

2. Petit-déjeuner en tout simplicité avec Jérémie Berrebi, entrepreneur et investisseur

Ce français installé en Israël n’est plus à présenter dans le secteur d’Internet. Après avoir tenté de lancer Free en Israël en 2004, il crée le service Zlio en 2005. Cet agrégateur de produits permet à tout à chacun d’ouvrir sa propre boutique et d’être rémunéré à la performance : il y en a à l’époque 500 à 1000 nouvelles par jour, ce qui est conséquent.  Ils bénéficient pendant un an et demi d’un référencement naturel incroyable, ce qui leur permet d’avoir plus de 7M de VU/mois. Après une première levée de fonds de 2,8M$ auprès de Mangrove, Google propose de lui racheter pour 10M$ ainsi qu’un bon package son associé et lui, à condition de déménager à Mountain View, USA. Jérémie refuse, pour des raisons personnelles, car sa vie, sa famille, son ambition sont en Israël. Après une perte de trafic fulgurante quelques mois plus tard, Zlio va mal et doit licencier des effectifs. Aujourd’hui, bien qu’il préside encore cette société, elle n’a plus que 3 employés et est à peine rentable. Jérémie confie avoir pris un « execution risk » et cela n’a pas été en sa faveur. Un échec me direz-vous ? non, une expérience. Qui finalement s’est avérée être un bon apprentissage pour Jérémie, et surtout une étape décisive pour rebondir et développer une nouvelle activité.

Jérémie Berrebi de Kima Ventures

Avec son ami Xavier Niel, qu’il connait depuis 1998, Jérémie décide de créer Kima Ventures avec 10M$ un fonds d’investissement en « early –stage ». Ils se fixent l’objectif de 100 sociétés en 2 ans, soit une par semaine. Finalement, ils financent jusque 2 projets par semaine, dans 16 pays de tous continents et dans tous les secteurs identifiés : Web, mobile, app., solutions technologiques… Les tickets d’entrée allaient de 17 000 à 500 000€, mais sont fixés aujourd’hui à 100 000€ fixes. Avec un portefeuille de 94 start-up, c’est le fonds d’investissement « le plus actif au monde », selon Jérémie. En Israël, ils ont investi dans une quinzaine de sociétés, dont sohoOS, services en ligne pour entreprises. Pour des raisons de responsabilités, ils ne sont jamais au comité de direction de celles-ci, et en détiennent entre 3 et 33% du capital.

Ce VC est très atypique, et suscite beaucoup d’intérêt, notamment de la part de fonds des grands groupes comme eBay, Google, Accel, Facebook ou encore Orange (que je mentionnais précédemment) qui lui demandent quelles sont les start-up à rencontrer. La taille de Kima Ventures, son agilité, et sa rapidité à investir lui donne une longueur d’avance et un vrai avantage concurrentiel sur les grands fonds de ce secteur.

Il gère quasiment tout tout seul, avec un bureau et une assistante à Paris, et c’est assez impressionnant pour moi de le rencontrer, car c’est un acteur incontournable du paysage des start-up françaises puisqu’il est dans le capital de Restopolitan, iAdvize, Lengow, Leetchi, Plyce, 2heuresavant

Alors, si vous aussi vous avez un projet, sachez que l’un des principaux critères de sélection, outre votre idée bien sur, c’est la personne, l’entrepreneur, le visionnaire que vous êtes qui saura séduire un investisseur comme Jérémie !

Vous en redemandez ? le dernier moment fort à Tel-Aviv clôturera mon carnet de voyage et est raconté ici même.