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Pour certains, la jeunesse c’est les Beatles ou Madonna et ses airs de fausse vierge. Mais pour une génération plus jeune c’est MSN.
Mais qui a tué cette icône de la génération Y ?!

Prenez une longue inspiration, fermez les yeux et souvenez-vous… des débuts d’Internet. Non pas à l’époque des ordinateurs géants, souvenez-vous un peu moins loin. Bon, je vais vous aider : "Kikou sa va? Asv svp?". Bien sûr, certains de ces charmants mots n’ont pas totalement disparu du vocabulaire des plus (ou moins) jeunes. Mais ces quelques mots marquent surtout les débuts des forums tels qu’IRC ou Caramail ou encore de MSN.
Ah mais oui tiens MSN ! Nous y avons tous passé de longues, et longues heures à l’affût d’un contact avec qui chatter. Prendre des nouvelles, parler de tout et de rien. Je ne sais pas vous, mais ça me parait si loin…

Que s’est-il donc passé ? Qui a pu tuer ce Goliath ? Où se cache donc David ?
En fait le petit David a de multiples facettes.

En voici un tour d’horizon.


Un meurtre collectif

Il est dur de n’accuser qu’un seul coupable dans la descente aux enfers de la messagerie instantanée rachetée par Microsoft. Naturellement, certains ne sont que de simples complices alors que d’autres ont donné le premier coup de couteau.

Coupable n°1 : Facebook

L’ère du web 2.0 a bouleversé beaucoup de métiers et d’industries. L’arrivée du bébé à la garde partagée de Mark Zuckerberg a fait beaucoup de mal à un MSN papillonnant d’un succès à l’autre. Fier de ses 20 millions d’utilisateurs, ce dernier s’est pourtant vu supplanter par le monstre facebook. Preuve en sont les 10% du temps passé par les Français début 2011 sur le leader des réseaux sociaux contre 7% pour toutes les messageries instantanées selon le Figaro.

Aujourd’hui facebook c’est plus de 22,5 millions d’utilisateurs en France et une augmentation de +566% des utilisateurs entre 2007 et 2008 selon Nielsen.

En dehors du doux parfum de nouveauté hype, d’autres facteurs peuvent expliquer ce phénomène.

Tout d’abord, le chat facebook. Celui-ci remplace la fonction principale de MSN et permet de discuter avec les « amis » connectés tout en vagabondant d’un profil à l’autre. Mais pourquoi facebook plus que MSN ? Probablement parce que lorsque nous sommes sur facebook, nous voyons les nombreuses mises à jour des statuts de nos contacts, plutôt pratique pour rebondir dessus. En somme, le contenu crée de la discussion.

En outre, MSN servait aussi à prendre des nouvelles. Aujourd’hui, il nous suffit de passer au crible tous les profils qui nous tombent sous la main.

Complice n°2 : SMS illimités

En parlant de prendre des nouvelles, quoi de mieux qu’un petit SMS entre deux réunions ou dans les transports?

Avant, le nombre de textos envoyés étaient fortement limités par nos forfaits bloqués. Aujourd’hui, c’est la fête de l’illimité entre l’accès internet, les SMS et même les MMS. Honnêtement, que ceux qui ne sont pas surpris par les SMS limités dans certains forfaits me lancent la première pierre. (bon ok plutôt des gravillons, je marque facilement).

Un moyen un peu plus souple et live de prendre des nouvelles donc.

Complice n°3 : Skype

Le prochain complice est un peu moins évident, mais a quand même son rôle à jouer dans notre enquête. MSN, c’était aussi les visioconférences accessibles à tous. Vous partiez étudier à l’étranger ? Que vos parents se rassurent, ils pouvaient toujours voir leur chérubin grâce à deux bonnes webcam et deux adresses MSN.

Puis Skype est arrivé et a fait son petit bonhomme de chemin, prenant le lead sur les conversations vidéos sur internet. Avec une meilleure performance, et un outil utilisable sur plusieurs OS (Windows, Mac…), MSN a une fois de plus été supplanté.

Complice n°4 : Twitter

Le phénomène est bien moins flagrant en France. Ici, Twitter est un outil plutôt professionnel de veille et de diffusion de l’information. Un peu partout ailleurs et surtout aux États-Unis, on y raconte son humeur, ses pensées en moins de 140 caractères.

Une sensation de déjà vu ? C’est normal, c’est un peu le nouveau statut MSN.


Le dernier souffle de Goliath?

Bien sûr, face à la montée des assaillants, MSN a tenté une contre-attaque.

En juin 2010, Windows Live Messenger (WLM, nouveau nom de MSN) a lancé Windows Live Essentials. L’idée ? Intégrer les chats facebook et autres sur l’interface de WLM afin que les utilisateurs puissent chatter sur des sites différents au sein d’un même outil.

Après seulement 5 mois, 12 des 20 millions d’utilisateurs se sont connectés au chat facebook via Windows Live Essentials.

On peut donc se demander si cette nouvelle fonctionnalité permettra d’amortir un peu la chute, voire de repartir de plus belle.