Dave McClure LeWeb

J’ai petit-déjeuné avec Dave McClure. Il m’a parlé de l’écosystème des start-ups, de l’incubateur qu’il a monté dans la Silicon Valley, de sa vision du schmilblick, des critères importants pour convaincre des investisseurs et lever des fonds… Il a partagé ses conseils pour les entrepreneurs qui se lancent actuellement. Et puis il a beaucoup juré. Et moi j’ai beaucoup appris !

La semaine dernière c’était LeWeb. C’était beau, c’était grand, et Girlz In Web en était. C’était aussi cher et, bien que nous ayons partagé le précieux sésame d’official blogger, toutes les Girlz In Web actives n’ont pas pu en profiter. Pas grave, parce que, quand on est un peu maline, il y a plein de side events qui pululent autour de LeWeb. Ces événements ont l’avantage d’être gratuits, ou peu chers, et bien souvent aussi d’avoir lieu en plein coeur de Paris. Mieux, ils sont souvent calibrés pour une audience plus restreinte, gage d’une qualité d’échange d’autant plus forte, et d’une grande disponibilité des intervenants. Parmi les side events 2011, un petit déjeuner avec Dave McClure, organisé par Fabernovel le vendredi 9 décembre. J’en ai pris connaissance via un tweet, me suis inscrite (gratuitement !) et 2 jours plus tard j’attendais Dave -ok avec 30 autres personnes-, qui lui attendait un Ûber après la grosse soirée Deezer-LeWeb11…

Who the hell is Dave McClure ?

Dave Mc Clure est basé dans la Silcon Valley. Il y a fondé l’incubateur 500 Startups, un genre de Camping qui fait aussi fond d’investissement. C’est un business angel connu notamment pour le nombre de start-ups dans lesquelles il investit (stratégie du portfolio pour minimiser les risques, dit-il). IRL c’est un mec dans la trentaine, qui a l’air drôlement cool et a un franc-parlé appréciable. Il m’a donné l’impression ce matin-là d’être à la fois un bon business man et d’avoir des valeurs humaines. Un business man qui n’a pas toujours été business man et qui a foi en l’humanité. Un mec qui sait parler de choses sérieuses, être ultra pro, sourire et jurer en même temps. Inspirant, motivant, accessible. Oui je suis fan désormais.

Pourquoi on a l’impression qu’aux USA, c’est plus facile de lever des fonds qu’en France ?

Faisons des généralités : le Français se lamente, l’herbe est plus verte aux Etats-Unis, le marché plus grand, la fiscalité plus avantageuse, les investisseurs plus intelligents et plus nombreux. Ce n’est pas Dave McClure qui le dit, c’est moi. J’avoue en avoir un peu ras-le-bol de ces discours… Quand on a un projet, on peut vouloir changer le monde pour faire le faire fonctionner. Ou on peut adapter son projet au monde dans lequel on vit… C’est une idée que je suggère à tous les râleurs dont l’énergie négative qu’ils diffusent n’a d’égal que leur inertie.

Bref. Selon Dave McClure il y a bien eu des succès en France, et même des gros. Mais le nombre d’investisseurs pour chaque projet étant faible, quand succès il y a, les personnes à se partager le gâteau sont peu nombreuses. Alors qu’aux USA, la culture d’entreprise et d’investissement étant différente, le nombre d’investisseur à se partager le gâteau en cas de succès est plus grand. Avec au final plus de personnes capables d’investir dans de nouveaux projets : Plus de « big VCs » qui peuvent se premttre d’investir plus gros et plus tôt dans la vie de la start-up, et de plus en plus de « little angels » qui investissent plus pour le fun que pour l’argent.

Donc oui, c’est plus facile au moins sur certains plans de lever des fonds aux US. Est-ce une raison pour déménager ? Non, c’est une raison pour investir si vous êtes en mesure de le faire… et pour donner envie d’investir en portant des projets passionnants !

Qu’est-ce qu’une start-up qui vaut le coup ?

« Just because the companies are not billion dollars storys, there’s nothing wrong with that. So fuck you anybody who may think it’s not meaningful. And fuck you if i don’t have a fucking PhD ! »
Merci dave, ça fait toujours du bien de l’entendre. Je traduis : peu importe votre chiffre d’affaires, la taille du marché visé, et le niveau de vos études : si votre projet a un sens et apporte une valeur ajoutée au monde, il vaut le coup ! Et à ceux qui disent le contraire : fuck you. Je pense que ça vous saurez le traduire 😉

AARR, la formule magique de Dave McClure

4 mots pour 4 EDIT : 5 mots pour 5 (et non 4) points clés à garder en ligne de mire, toujours, et tracer une route la plus efficace possible :

  • Acquisition
  • Activation
  • Retention
  • EDIT du 22/12/11 : Referral
  • Revenu

Globalement : simplifiez ! Gardez 1 ou 2 indicateurs à l’esprit, qui sont prioritaires pour votre projet. Atteignez-les puis passez à l’étape suivante.

Conseils aux entrepreneuses

  • La team ! Veillez à construire une équipe équilibrée
  • Modèle économique : keep it simple ! Un « revenu model » basé sur l’abonnement par exemple, c’est simple, mais ça a fait ses preuves.
  • Résolvez un véritable problème : si votre offre ne répond à rien, où est son intérêt ?
  • Si vous travaillez sur un produit : réalisez un prototype
  • N’attendez pas avant de parler de votre projet : bloguez-le, contactez d’autres entrepreneurs pour avoir leur avis… Ne vous privez pas des idées et retours des autres, il sont précieux !
  • Ne lancez pas trop tôt, c’est contre-productif ! Ouvrez, collectez le feed-back de vos premiers users, consolidez, adaptez, puis seulement, si c’est pertinent, on passe au lancement.

Pour compléter, j’ai demandé à Dave McClure justement ce qu’il conseillait aux femmes entrepeneuses. Merci Dave !

Crédit photo : News.cnet.com