En parallèle de l’article sur les parts de marché des constructeurs de smartphones en Europe, voici un aperçu des tendances coté fournisseurs d’OS au mois d’octobre 2011 (les données des parts de marché constructeurs sont elles à novembre 2011), toujours sur la base de chiffres publiés par Comscore dans son livre blanc Connected Europe, publié fin janvier 2012.

Si des acteurs comme Apple, RIM ou Samsung sur certains de ses terminaux ont choisi de développer leur propre OS, d’autres se concentrent de plus en plus sur une stratégie de partenariat constructeur/fournisseurs d’OS, pour minimiser couts et risques, et bénéficier des avantages de l’autre en termes d’image, d’expertise, ou de positionnement.
Les tendances sont évidemment similaires à celles du marché des constructeurs, mais une vision du monde OS permet d’analyser le positionnement général d’un Android, ou d’un Windows Phone, non présent sur le marché des constructeurs et acteurs pourtant incontournables du monde smartphones.

Symbian reste leader malgré la dégringolade, talonné par Android qui détrône iOS de la 2ème place

Symbian se retrouve ainsi 1er du classement, avec 32% de parts de marché sur la zone EU5 au mois d’octobre 2011, alors qu’il représentait mi 2010 plus de la moitié des OS installés (54%).
Symbian chute surtout au profit d’Android, dynamisé par le succès des smartphones Samsung, et dans une moindre mesure HTC. Ce dernier se place du coup deuxième du classement avec 28 % de parts de marché, et réussit ainsi à détrôner Apple et son iOS de la deuxième place et à se rapprocher fortement du 1er de ce classement.

iOS représente 20,5% du marché, un chiffre stable depuis plus d’un an. RIM évolue peu également en 2011, avec 8% de parts de marché contre 9,4% en juillet 2010. Même si Apple perd sa 2ème place il conserve tout de même un cinquième du marché avec une stratégie d’OS propriétaire sur un terminal unique et onéreux, face à des acteurs plus anciens du monde mobile, positionnés sur du multi-OS / multi-terminaux, avec un potentiel de couverture du marché plus important.

Microsoft se retrouve dernier de ce classement, avec une part de marché qui passe de 11,5% en juillet 2010 à 6% en octobre 2011. Le « pendant » d’Android, OS ouvert aux constructeurs se retrouve comme Nokia malmené dans un marché où il peine à s’imposer malgré sa présence sur le marché des systèmes d’exploitation fixe.

La démocratisation des smartphones entraîne une redistribution des cartes

Le marché des smartphones a donc imposé une redistribution des cartes par rapport aux acteurs historiques du mobile d’un coté, et des systèmes d ‘exploitation de l’autre.
La tendance majeure de ce classement est la montée fulgurante d’Android. L’année 2010 a été marquée par de nombreux lancements de terminaux par plusieurs constructeurs, largement relayés par des opérateurs mobiles qui ont pu élargir leur gamme d’offre de smartphones.

La structure du marché devrait continuer son évolution : en 2010, Symbian et iOS se partageaient plus de 70% du marché, suivi par un Microsoft en perte de vitesse à 12% du marché. En un peu plus d’un an, Android a su s’imposer dans le Top 3 puis devancer Apple, et faire de la stratégie d’OS ouvert une vraie alternative au modèle propriétaire pour les constructeurs (et pour les utilisateurs).

Les usages sur Android se sont aussi développés, avec un engouement pour les usages sociaux, les jeux, et plus généralement les usages d’applications et des services d’internet mobile. Cela a également renforcé Android sur le marché, en tant que plateforme porteuse d’opportunités pour le développement des services digitaux mobiles, plus seulement considérés comme porteurs chez les utilisateurs d’iPhone.

Cette tendance se confirme notamment sur le marché des applications : il y a encore peu de temps, l’Appstore d’Apple était le seul véritable enjeu pour les développeurs ou les annonceurs, et peu d’acteurs adoptaient une stratégie multi-OS, ou après de longs mois seulement sur l’Appstore. Aujourd’hui, être présent sur Android est de plus indispensable pour réellement adresser l’ensemble des usagers d’applications, et le développement des versions Android se fait de plus en plus tôt, si ce n’est en même temps que celles sur l’Appstore.

Un marché loin d’être consolidé

Deux acteurs, Apple et Google avec Android, montrent donc le succès possible de deux stratégies d’OS : propriétaire et ouverte, voire même dédiée aux constructeurs tiers. En revanche les difficultés connues par Nokia avec Symbian, ou Microsoft avec Windows Phone posent la question du succès possible de plusieurs acteurs sur ces stratégies.

Dans un marché des smartphones en pleine croissance, mais encore en deca des 50% de pénétration, de nombreuses prises de position vont être possibles, et la structure du marché devrait encore évoluer.

Nokia ou Microsoft continuent d’ailleurs d’affiner, ou de revoir, leur stratégie et nouent ensemble des partenariats. Le premier en remettant en cause son OS, et en se concentrant sur le rôle de constructeur, le second, en comptant sur le succès grandissant de constructeurs partenaires comme HTC, ou en se liant avec Nokia, et en restant ouvert à de nouveaux acteurs potentiels, si Android ne les convainc pas avant..

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