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Lancé en mars par Microsoft, Spark est venu étoffer l’offre des accompagnateurs de start-ups à Paris.
Se définissant comme un QG pour les entrepreneurs, Spark est à la fois un espace de co-travail, un accelérateur de start-up avec des programmes d’accompagnement en 3 mois, mais également un lieu de conseil, le tout propulsé par Microsoft.
Et pour mener à bien ce projet, qu’en France on a plutôt l’habitude de voir géré par le service public, les locaux de Spark sont installés au coeur du « Silicon Sentier », à Paris.

Roxanne Varza, qu’on ne présente plus ! et AKA « Startup Lover » pour Spark ainsi qu’un membre du programme, Samantha Pastour, PDG de Bill’z (plateforme qui propose une seconde vie aux objets par la réparation, l’achat ou le don), ont accepté de nous expliquer plus en détails Spark :

On dit Spark ou BizSpark ?

Roxanne – Ce sont deux choses différentes : depuis 2007 BizSpark est le programme de Microsoft d’accompagnement des start-ups créant des logiciels (1300 start-ups accompagnées en France, 60 000 start-ups à travers le monde).
Spark est unique : il a vraiment été modelé pour le marché français, même s’il y a des espaces et des programmes d’accompagnements d’autres types dans d’autres pays.

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Que fais-tu chez Spark ?

Roxanne – J’ai rejoint Microsoft en septembre pour gérer BizPark et Spark (dont l’équipe est composée de 4 personnes.)
Dans ce cadre, je m’occupe de la partie business (accompagnement des start-up et relations internes à Spark, mais également relations extérieures avec les acteurs de l’écosystème numérique et business – et notamment les mentors et les décideurs).
Le projet est tout récent ! Spark a été dévoilé aux TechDays en février dernier, Il a été lancé en mars, et nous avons commencé le programme d’accompagnement de la première « promo » de start-ups en avril.

Pourquoi Microsoft propose cet espace aux entrepreneurs, et a fortiori en France ? Quelle est la spécificité d’un Microsoft à accompagner les entreprises ?

Roxanne – On a vu les offres d’encadrement et d’accompagnement commencer à se développer (type Camping, etc), et Microsoft souhaite aider les start-ups à se développer.
Dire qu’une start-up a réussi c’est bien, mais si c’est sous Microsoft c’est mieux :) : nous mettons à disposition des start-ups les logiciels Microsoft et des conseils sur nos technologies.
Les start-ups que nous accompagnons sont donc composées de moins de 5 personnes, et intègrent obligatoirement un développeur qui utilisera, mais pas forcément uniquement, une technologie Microsoft.

Quel est le profil des entrepreneurs qui suivent le programme chez vous ?

Roxanne – Notre première « promo » se compose de 13 start-ups, et les entrepreneurs ont tous des profils très variés !
Si l’âge moyen se situe entre 20 et 30 ans, nous avons quelques entrepreneurs expérimentés, qui ont déjà monté des projets.
Nous avons également des anciens de TF1, ou d’autres qui ont fait ImagineCup (compétition internationale étudiante du numérique de Microsoft). Nous avons également environ 20% de présence féminine, et tous nos startupers ne sont pas parisiens : 2 équipes se déplacent chaque semaine dans nos locaux.

La promo n°1 se termine fin juin, et la prochaine sera lancée en septembre.

Quel est le niveau de maturation des start-ups ici ?

Samantha – En ce qui me concerne, ma société a été fondée l’an dernier. Mais les avancements de projet sont très différents, et la nature des projets est également très variée.
Se retrouver pour travailler au même endroit rend l’aventure très enrichissante car on fait de l’échange d’expérience d’une start-up à l’autre : l’entraide est très forte !

Pourquoi faire des accompagnement sur 3 mois seulement ?

Roxanne – Avec une start-up, c’est le temps qui compte : ce sont donc des objectifs assez ambitieux, mais nous avons calculé que trois mois, c’était le temps nécessaire à la création d’un prototype.

Samantha – C’est vrai, 3 mois, c’est un exercice, un temps imposé, mais considéré comme un coup de fouet bénéfique : c’est le temps nécessaire pour sortir un MVP [NDLR : Minimum Viable Projet : autrement dit, la plus petite entité de projet viable].
Il faudrait d’ailleurs peut-etre plus mener la réflexion du résultat en 3 mois avant d’arriver chez Spark, et non pas lorsque l’on a commencé le programme, afin d’utiliser cette période de temps pour véritablement mener le projet à bien.

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Samantha, en quoi Spark vous aide dans votre projet de société ?

Samantha – Spark c’est le seul incubateur qui nous aide à la fois niveau business et technologique :
nous avons des rendez-vous business, Roxanne nous donne des idées, nous fait rencontrer des mentors.
Sur la partie technique, on est passé à une techno Microsoft : on voulait avoir les moyens d’avoir un feedback supervisé.
Si on a des blocages, on a de l’aide tout de suite.
En plus, c’est très valorisant d’être recruté par Microsoft : cela nous permet déjà de sortir du lot !

D’ailleurs y a-t-il d’autres Spark dans le monde et/ou est-ce prévu ?

Roxanne – Microsoft a déjà un programme similaire au Brésil mais qui se déploie sur 24 mois.
Cela étant, et sans vouloir vendre la mèche, Microsoft a prévu une annonce au niveau international pour le mois de juin… :)

Samantha, votre business est à cheval entre offline et online ; Roxanne, comment sélectionnez-vous les projets ?

Roxanne – Quand nous sélectionnons un projet, nous nous concentrons sur l’équipe, la capacités à réfléchir au projet, l’affinité aussi de notre coté avec le projet (notamment la viabilité business), et ce, quelque que soit le sujet.
Samantha – C’est encore un peu tôt d’envisager des synergies entre les différentes start-ups du programme, mais en tout cas, c’est une façon vraiment différente (et très efficace !) de voir le networking.

Roxanne, vois-tu évoluer les missions de l’espace, et si oui, comment ?

Roxanne – Oui, bien sûr ! En termes de demandes et d’offres, je verrais bien la possibilité d’accompagner plus de start-ups.
Et avec les retours des premières promotions, nous allons bien sûr affiner le programme ; par exemple sur ce que nous demanderons aux start-ups en termes de structuration avant d’intégrer le programme.
On attend beaucoup des retours de la première promo.

Et en parlant d’évolution, pourquoi ne pas envisager pour les start-ups un parcours structuré à travers les différentes offres présentes à Paris (type Camping) ?

Samantha – C’est la rampe idéale ! On voit d’ailleurs tout à fait un lien vers le Camping.
Roxanne – Effectivement, il n’y a pas de télescopage malheureux dans les différentes initiatives d’accompagnement des start-ups à Paris. Par exemple, nous n’avons pas le même type de mentors que le Camping, ni le même nombre, mais nous pouvons compter sur des grands professionnels du secteur comme Gilles Babinet, Tariq Krim, ou Marie Ekeland de Elaia Partners.
Plus il y aura de programmes différents, plus l’écosystème se structurera, et gagnera en crédibilité.
Et avec l’offre actuelle, on a déjà à Paris toutes les phases prévues pour ne pas rater sa boite : c’est formidable !
Samantha – Je peux parler d’expérience ! Après avoir suivi plusieurs programmes [dont entre autres, le Founder Institute], j’ai fait la voie royale pour ne pas rater ma boite !

Roxanne, quel est le point que tu aurais souhaité aborder dans cette interview ?

Roxanne – Je tiens à dire que Spark est là pour inspirer les gens, et pas qu’avec des technologies ; mais avec tout un environnement favorable à la création, et notamment avec des artistes.

Samantha, même question ?

Samantha – La démarche Spark est super : c’est intéressant qu’une grosse société soutienne les start-upers.
Et vus les projets, il y aura très vraisemblablement quelques belles choses à suivre du côté des start-ups.
Voir les autres avancer, ça motive vraiment : il y a beaucoup d’interconnexion ici : entre membres de la promo, nous allons par la suite sûrement garder ces relations.