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3 questions à Vanessa VINCENT, Responsable marketing stratégique, digital et innovation chez Reed Elsevier et Vice-présidente de l’Association des Décideurs du digital.

« Transformation digitale » : l’expression est sur toutes les lèvres des grands patrons. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Sujet à la mode ? La transformation digitale est en effet sur toutes les lèvres des grands patrons. Devenue incontournable pour ne pas dire « inéluctable », les entreprises doivent prendre la mesure du bouleversement et « muter » en basculant dans cette nouvelle ère. La transformation digitale est en réalité et « tout simplement » le fait de rendre son entreprise plus performante, plus réactive, plus proche de ses clients et ce grâce au digital. Néanmoins, cela ne se résume pas à créer un site internet et développer une application pour mobile et tablette. Nous assistons à une véritable (r)évolution. Ce qui rend l’aventure d’autant plus passionnante et « addictive ».
Cette transformation  n’est pas seulement externe. Elle doit également passer par l’interne et s’infuser dans l’entreprise. C’est un profond changement de paradigme qui impacte toutes les strates.  Réel défi, elle ne peut aboutir que si elle est initiée par le top management et repose sur l’appropriation et la diffusion au sein de l’entreprise d’une véritable culture digitale (Esprit collaboratif, Agilité, Open Innovation, Implication des salariés, nouvelles façons de travailler…). Transformer les activités de l’entreprise et saisir cette magnifique opportunité qu’offre cette transition nécessite en effet l’implication de la Direction Générale, des RH, et des DSI.

Comment évaluer le degré de maturité d’une entreprise pour lancer sa transformation digitale ?

La maturité digitale s’évalue sur 3 axes :

  • La dimension technologique : nouveaux outils mis en place pour innover, personnaliser, collaborer, analyser et comprendre la data client…;
  • L’expérience utilisateur : nouveaux services mobiles, contenus digitaux, formats (multi-devices) pour répondre aux besoins des clients, parcours clients optimisés, interactions et sollicitation des clients pour les engager;
  • La fluidification des processus et de l’organisation : distiller une culture digitale à tous les niveaux. Cycles courts de validation/ optimisation des relations inter services, méthodologie agile, enjeux des réseaux sociaux pour les salariés et les clients.

D’un secteur à l’autre, le niveau d’avancement sur ce sujet est très variable comme le démontre la deuxième édition du palmarès du CAC40 réalisée par « Les Echos Business » et Gilles Babinet, notre Digital Champion Français, qui met en lumière les initiatives des entreprises les plus digitalisées. Sur le podium : AXA à la tête du classement, suivie par ENGIE et la BNP.
La transformation digitale est en marche, et il est important d’adopter une approche progressive et priorisée. N’ayez pas peur d’être dans le « test and learn », nous sommes en apprentissage permanent. Retrouvez votre agilité en adoptant les codes des StartUps, comme le prône En Mode UP.

Qu’est-ce que l’entreprise, les collaborateurs et les clients ont à y gagner ?

Le numérique est un facteur de croissance des entreprises et du bien-être de leurs salariés. Près de la moitié des entreprises interrogées via l’étude Roland Berger estiment que le déploiement du numérique dans l’entreprise a un impact positif sur leur chiffre d’affaires. Au-delà de cette appréciation, les entreprises les plus matures sur le numérique ont effectivement une croissance du chiffre d’affaires 6 fois plus élevée que celle des entreprises les moins matures. 59% des Français achètent en ligne, mais 11% des entreprises françaises seulement vendent en ligne, un exemple du paradoxe français : les particuliers sont bien plus « numériques » que la moyenne des européens, tandis que les entreprises le sont beaucoup moins.
Il apparaît que les salariés de ces entreprises plus avancées dans leur transformation numérique se sentent plus à l’aise dans leur entreprise, présentant un indice de bien-être professionnel 50% plus élevé. La culture de l’entreprise numérique fait en effet une large place au facteur humain : ces entreprises ont compris que les salariés peuvent constituer une source continue d’amélioration et même d’innovation. Une fois formés, les salariés sont le véritable moteur de la transformation numérique, qui les engage et renforce leur implication.
Du côté des clients, ils ont tout à y gagner. Nous sommes à l’ère de l’expérience client. La révolution et l’évolution des médias sociaux ont créé de nouvelles plateformes pour qu’ils puissent partager et interagir au quotidien avec leurs marques. C’est la voix du client qui prime. Chaque client devient un média en tant que tel. Une richesse d’informations s’ouvre aux entreprises pour mieux les comprendre et répondre à leurs besoins tout en prêtant attention à leurs commentaires sur les réseaux sociaux qui peuvent parfois créer très rapidement un « bad buzz ».