Aliette Hebert

 

Aliette Hébert a co-fondé le site web Les Enjoliveuses, un blog auto-moto pour les
femmes et par les femmes. Mariée et maman de trois enfants, elle est chef d’entreprise depuis un an et demi.

Bonjour Aliette, pourrais-tu me présenter ton activité professionnelle ?
Bonjour Girlz in Web. Depuis maintenant un an et demi, je suis chef d’entreprise : mon activité
se divise en deux parties. Tout d’abord, je m’occupe avec mon associée d’un site web [NLDR :
Les Enjoliveuses] auto-moto crée par les femmes, et pour les femmes. À la base, ce site web avait
pour vocation de traiter de la voiture et de la moto tout en s’adressant aux femmes. Finalement,
l'on se rend compte que de plus en plus d’hommes nous suivent, aujourd’hui, c’est à peu près
50/50. D’autre part, notre activité a évolué et nous avons donc monté la société Otyma Prod, qui a plusieurs casquettes. Nous proposons de l’événementiel
auto, de la formation sécurité routière et de la régie publicitaire pour différents sites web et
supports (web, print ou vidéo). Enfin, notre dernière activité se porte sur la création de sites web.

Est-ce qu’il y a beaucoup de différence entre un statut d’entrepreneur ou de salarié ? Tant dans la difficulté, les avantages, les inconvénients ?
Le lancement d’une entreprise représente surtout des inconvénients, car il n’est pas forcément
évident de monter une société en France aujourd’hui. Aussi, se faire connaitre est difficile et reste
un travail de tous les jours. La société a environ un an et demi maintenant, elle évolue au
quotidien mais elle a encore une belle marge de progression devant elle. Puis, tout un lot de
soucis sont fournis avec l’entreprenariat : des horaires à rallonges, des vacances raccourcies, du
stress… Mais l’aventure est belle car c’est très enrichissant d’être son propre patron, de décider
de son business plan et de choisir une direction. Je ne regrette pas du tout, et si c’était à refaire, je
le referai bien avant !

Est-ce que tu considères que tu as trouvé ta place dans cet écosystème entreprenariat ? Et
est-ce plus difficile en tant que femme ?
Je pense effectivement avoir trouvé ma place car cette décision a été murement réfléchie : j’ai
considéré ma décision pendant 3 ans avant de me lancer, et aujourd’hui je crois en mon associée
et en l’avenir de notre société. Il est vrai que le milieu dans lequel nous évaluons est très
masculin, il a fallu faire ses preuves et montrer que nous maitrisions nos sujets. Je pense
effectivement que dans des domaines comme celui-ci, l’automobile, c’est peut-être plus difficile
pour une femme. Dans le milieu de l’entreprenariat, je trouve que les femmes commencent à
avoir une place juste et justifiée. La majorité des gens savent qu’une femme a plusieurs
casquettes : elle peut être chef d’entreprise, épouse, maman… Je pense que le plus dur est
finalement de combiner tout cela.

Enfin, je sais que tu travailles à Now Coworking à Lyon, pourquoi le choix d’un espace de travail comme celui-ci ?
Je suis tout simplement quelqu’un qui aime le relationnel, aller à la rencontre des gens et
apprendre d’eux. Cela faisait un an et demi que je travaillais chez moi, que je ne me parlais qu’à
moi-même [rires], et j’en ai eu marre. Au-delà du fait que l’on soit seul, le travail à domicile rend
les horaires difficiles à fixer : la vie professionnelle finit par empiété sur la vie personnelle, et
vice versa. Il y a des soirs où je travaillais jusqu’à minuit ou une heure du matin, en fait, je
n’avais pas d’horaires ni de règles. Je pense que c’était important de changer de cadre de travail
pour mon équilibre familial, personnel et professionnel. J’ai regardé les différentes possibilités et
l’idée du coworking m’a rapidement plu car j’allais pouvoir m’astreindre à des horaires. Et
effectivement, je me sens nettement plus efficace dans un cadre comme celui du coworking. Je
trouve qu’il y a des connexions qui se font plus facilement : elle peuvent se faire aujourd’hui,
comme elles peuvent se faire demain. Et puis dans un espace comme celui-ci, tout le monde
cherche la même chose : réussir. Et généralement, on ne réussit pas seul, mais avec les autres.
Merci Aliette.

Interview réalisée par Louise Millon