Vivre de la pub avec son blog

Devenir riche en bloguant…/

Des articles sur l’art et la manière de devenir riche en bloguant ressurgissent ces dernières semaines et empoisonnent la réflexion des entrepreneurs.
Ces derniers jours, au téléphone, une fois sur deux, un ami me demande comment monter un blog gratuitement pour devenir riche en bloguant. Et par discrétion professionnelle, je tais le nombre de mails reçus via le formulaire de contact de ma société.

Le b.a-ba…/

L’argent vient à qui trouve sa niche, son support, le bon produit/service… et a le temps de l’exploiter. Le temps, cette 4ème dimension, qui a l’air d’avoir disparu des business plans.
Ouvrir un blog ne suffit pas pour pré-réserver un coffre à la banque.
La réalité business est simple :

  • la visibilité nécessaire se travaille chaque jour ; cette visibilité si difficilement acquise attire bien plus de curieux que de clients – vous êtes tellement connue que facturer vous est désormais inutile ; vous allez naturellement et gratuitement partager avec eux vos 11 années d’expériences…
  • Internet est pour la grande majorité des gens : le site de leur FAI (lire les mails) et Facebook. Quelques aventureux vont aller découvrir des choses, des informations en les recherchant.
    Vous me rétorquerez mais la consommation en ligne progresse ?
    Oui, la consommation en ligne progresse à deux chiffres, c’est certain. Mais la question est : où et quoi achètent-ils ? A mes yeux, acheter sur la Redoute et la SNCF ne fait pas de l’internaute un cyberacheteur. Il utilise simplement une nouvelle fonctionnalité d’achat. Acheter à un pure player inconnu des grands médias est un “vrai” acte de cyberachat.

Revenons à la publicité…/

Pour vivre de la publicité, il faut tout d’abord capter des internautes, c-à-d. avoir des lecteurs. Cela a l’air évident, une lapalissade, mais non…
Pour beaucoup, la formule est blog = argent et non pas blog = lecteurs = argent
1 – Les blogueurs qui gagnent le plus sont ceux qui sont sur une niche (ou alors très très précurseurs)

  • Qu’est-ce qu’une niche ?
    Pour faire simple, un sujet d’intérêt pour quelques milliers de personnes.
    – Un contre exemple : la sexualité.
    – Un exemple : la ferronnerie du 12ème siècle.

Un(-e) passionné(-e) est une cible intéressante. Elle a un budget pour sa passion, elle aime en parler et la partager avec d’autres passionnés. Il suffit d’en attirer une dizaine, pour rapidement avoir une notoriété.
Autre lapalissade : Le blog demande de rédiger sur des sujets, des vrais articles surtout pour une niche.
2 – Les annonceurs aiment le volume et le trafic qualifié
Les blogueurs démarrent souvent en affichant des Googles Adsense et en s’inscrivant à une plateforme d’affiliation.

  • Le taux de clics des Google Adsense varie entre 0 et 10% (plus, c’est rare).
  • Le montant versé au blogueur par clic varie entre 0.00 € et 4/5 € (très rares).
  • Les plateformes d’affiliation rémunèrent de plus en plus à la vente réalisée par votre internaute. Bref, pas d’achat, pas d’argent.

Alors comment faire pour que (1) et (2) s’associent et vous permettent de vivre de la publicité ?
En réalité, c’est quasi impossible à court terme.
Il vous faudra réfléchir à des services payants associés : séjours touristiques dans d’anciennes forges…
3 – Du trafic et des clics
Contrer le point 1 : Et si vous décidez de ne pas bloguer sur une niche ?
Il vous faudra un an ou deux pour avoir une chance d’être bien placé dans les moteurs de recherche. En plus, vous aurez presque chaque jour un nouveau concurrent… peut-être même avec un budget marketing et conseillé par une professionnelle GIW. Cela sera un combat quotidien pour grappiller un visiteur de plus.
Bien sûr, si vous avez un ami très célèbre qui cite votre blog dans une chanson…
Contrer le point 2 : trouver des annonceurs en direct.
Les grandes entreprises passent par des agences pour choisir leurs supports. Vous pouvez essayer de vous faire lister, mais sans volume ou trafic de grande qualité…
De plus, le paiement au CPM (coût pour mille affichages) est aussi en perte de vitesse.

Conclusion…/

Le constat est : gagner à moyen terme un peu d’argent via son blog est possible, mais pas d’en vivre.
Si vous voulez vivre grâce à un support web, une bonne idée et un business model sont encore et toujours indispensables.
Fiscalité
Tout gain d’argent doit être déclaré ; de nombreux blogueurs sont sous le statut auto-entrepreneur. Et oui, vous paierez des charges, en plus de l’hébergement, du nom de domaine…
Dédicaces aux entrepreneurs, aux étudiants et aux amis.
Le web, c’est un marché, un dur marché, mais les levées de fonds sont nombreuses actuellement. Alors tentez votre chance, mais sans miser tout votre business model sur la pub.

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9 réponses

  1. Voilà une mise au point utile. Que l’on pourrait rapprocher de “je veux monter une boutique en ligne pour vendre mes magnifiques réalisations que pour l’instant personne ne connaît mais les internautes, eux, vont venir tout seuls”. Difficile de faire comprendre qu’internet n’est qu’un outil, pas une solution miracle.

  2. Merci @Hororo pour votre retour 🙂
    @Catherine
    Vous avez entièrement raison. C’est très régulier comme remontées. Au quotidien, je réponds aux entrepreneurs souvent déçus par le “miracle internet” et leur explique que le web est un levier d’acquisition exigeant qui demande des investissements financiers et un minimum de connaissances (marketing, technique…). Internet n’est pas une corne d’abondance qui serait disponible à tous possesseurs d’un nom de domaine…
    Mais payer pour ça leur semble “bizarre”, “le web c’est gratuit !”

  3. Bel article qui remet en place la réalité du web. Comme je dis souvent : si les annonceurs payent des fortunes des agences de communications et des espaces publicitaires pour faire leur campagne, ce n’est pas par charité. Mais cela demande surtout du savoir-faire, de l’investissement (financier) et du temps.

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