Valérie Andrade

A l’occasion du Salon des Solutions RH, j’ai eu le plaisir de rencontrer Valérie Andrade, Directrice Communication et Marketing chez ADP, « Automatic Data Processing », le leader mondial des services en Gestion des RH, paie et temps qui nous parle de leur présence numérique. Et pas que sur les réseaux sociaux !

Valérie, est-ce que vous connaissez Girlz In Web ?

J’ai découvert les Girlz in Web à travers le printemps du Networking, organisé par l’agence Connecting Women dont la 2ème édition se déroulera le 12 avril prochain. Toutes les Girlz sont d’ailleurs les bienvenues.

J’ai été agréablement surprise de découvrir toutes les valeurs autour de ces mouvements et animations des réseaux féminins. ADP est d’ailleurs sensible à ce sujet et a récemment mis en place un groupe pilote d’une quinzaine de femmes qui ont été formées à un programme qui s’appelle Springboard, que j’ai eu l’opportunité de suivre.
Une formation conçue par des femmes, pour les femmes afin de les aider à développer leur leadership, leur confiance en elle, à mieux se valoriser et définir un plan de carrière pour accéder à des postes exécutif. D’autres programmes devraient voir le jour, en attendant, le sponsoring de l’événement le Printemps du Networking, est une occasion de montrer une nouvelle fois combien c’est un sujet important.

Quelle est la stratégie numérique globale de ADP ?

Notre stratégie sur les Réseaux Sociaux était de réaliser, développer notre présence numérique au fur et à mesure, 3 sous-projets comme 3 temps forts, pour prendre le temps de leur réalisation. Une manière aussi de célébrer chaque réussite intermédiaire, ce qui est essentiel pour le groupe projet « numérique » et le collectif, l’ensemble des collaborateurs d’ADP.
Le premier sous-projet a été le déploiement d’ADP à l’externe sur les médias sociaux depuis septembre 2011.
Ce fut ensuite un projet de communication interne autour de la charte d’ADP qui encadre l’utilisation des réseaux sociaux et qui l’encourage aussi. La communication est essentielle pour donner des repères et répondre aux freins des collaborateurs qui ont, en parallèle été formé.
Le troisième, le développement du RSI et des communautés dans l’entreprise, et de nous rendre compte qu’il est bien plus facile de créer des communautés externes qu’internes !

Quelle est votre présence sur les réseaux sociaux ?

Même si nous sommes présents sur de nombreux réseaux sociaux, ce qui fonctionne surtout très bien pour une marque comme nous, c’est Twitter et LinkedIn. Etant une société internationale avec un grand nombre de collaborateurs inscrits, pour animer et relayer les informations sur ces réseaux, notamment aux Etats-Unis. Cela a créé une vraie communauté, qui a renforcé et amplifié les relations humaines.

Nous sommes également très présents grâce aux 3 vidéos mensuelles minimum créées par le service marketing opérationnel, en plus des évènements et des actions de nos 20 porte-paroles qui couvrent l’ensemble de nos thématiques Paie, RH et Gestion des Temps. Dernièrement, les managers commerciaux ont tous été formés pour encourager leurs équipes à relayer les informations sur les médias sociaux. Nous sommes donc en train de passer à une seconde vitesse quant à notre présence numérique, on parle très clairement aujourd’hui de « social selling ». Une grande aventure…

Notre premier « livetweet » aura d’ailleurs lieu aujourd’hui à l’occasion d’un nouveau type d’évènement pour parler du numérique, un talk-show organisé sur le thème « S’adapter et innover de la Paléoanthropologie au numérique » pour partager le retour d’expérience et la vision d’invités prestigieux sur l’innovation et l’évolution humaine.
Le talk-show sera animé par Carine Dartiguepeyrou, docteur en sciences politiques, prospectiviste, et où seront présents :
– Nathalie Andrieux, DGA numérique Groupe La Poste et présidente de MEDIAPOST Communication
– Pascal PICQ, paléoanthropologue et maître de conférences au Collège de France
– Mikael L. Capone, Corporate Vice President & CIO, ADP

Effectivement, j’ai pu constater que vous organisez également de nombreux évènements pour prolonger le lien ?

En effet l’équipe marketing opérationnel organise entre 60 et 70 évènements par an. En tant que société de services, nous souhaitions partager notre expertise et l’apport d’information sur nos différents sujets. C’est pourquoi nous avons créé « Les matinales de l’actu paie et RH » pour décrypter l’actualité légale et ses conséquences pour l’entreprise à Lyon, Lille, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Biarritz, Pau et Paris (la prochaine du 16 avril est déjà complète). Pour ce faire, on s’appuie sur nos porte-paroles experts en la matière comme Natacha Vignon, Abdelkader Berramdane, et Emmanuel Prevost.

Quel a été l’élément déclencheur pour la mise en place du réseau social d’entreprise chez ADP l’an dernier ?

La décision a été prise dans la continuité du RSI déjà mis en place aux États-Unis pour moderniser l’intranet. L’objectif majeur était vraiment de communiquer surtout quand on innove beaucoup pour mieux informer les salariés sur les innovations et les enjeux stratégiques majeurs.
Pour le déployer au niveau international, les équipes RH ont créé une « leadership team » réunissant des personnes de l’IT, la communication, le marketing et la RH de pays différents pour réfléchir autour de la question de « Comment grâce aux réseaux sociaux, peut-on améliorer la communication internationale d’ADP ? ».
Nous avons présentés nos recommandations finales à la Direction :
1. Les réseaux sociaux sont une formidable occasion de transformer la manière dont on communique et on coopère.
2. A l’heure où on met en évidence l’homme, c’est une fabuleuse occasion de rendre visible le collaborateur et le rendre promoteur de la marque d’ADP.
3. Les collaborateurs par leur conversation vont donner du sens à la stratégie d’ADP en interne comme en externe.

En France, en parallèle de ces travaux, des audits ont été réalisés ainsi que le recours à un accompagnement externe. L’intelligence collective n’arrive pas du jour au lendemain dans l’entreprise, il est nécessaire de respecter des étapes… Commencer par mettre les gens en confiance en créant quelques communautés avec des objectifs précis et une vraie valeur ajoutée pour ensuite les démultiplier. Et poursuivre l’aventure avec le plus grand nombre.

Quel a été le choix des communautés de départ ?

Suite à un audit réalisé par le cabinet Openbridge, trois critères ont été retenu pour prioriser le choix des communautés. Le premier à été celui du lien avec la stratégie d’entreprise et les initiatives en cours pour qu’elles puissent servir le projet global. Le second était l’évaluation de la présence d’un existant et donc la volonté de créer un lien continu entre les personnes qui assistent périodiquement aux évènements « in real life ». Et le troisième, était lié à la satisfaction des attentes clients / collaborateurs.
Une des premières communauté a été celle des clients qui était au départ un club d’utilisateurs, très nombreux à vouloir partager sur les bonnes pratiques, les nouveautés légales et les priorisations de développement. Depuis, ADP a développé des fonctions sociales au sein de ses applications.

C’est bien évidemment trop tôt pour faire des constats car vous en êtes encore à la phase d’élaboration avec quelques premières communautés créées ; pour autant, quelles sont les difficultés et bénéfices depuis le début de l’aventure ?

La première difficulté c’est de dégager du temps. Celui nécessaire à l’élaboration du contenu à partager puis à la mise en place et surtout le temps nécessaire aux personnes pour l’animation au travers de ce nouvel outil. Spontanément, les salariés le perçoivent comme une tâche supplémentaire, avant même de penser aux bénéfices que cela peut générer. Pourtant, une fois qu’on y a gouté, on est comme « aspiré » ! On se rend compte très rapidement de l’intérêt de communiquer, et partager davantage sur chaque projet important, de célébrer des succès. Le deuxième bénéfice majeur est d’identifier rapidement les experts. C’est un vrai gain de temps. Et de manière générale, c’est le plaisir de réussir à engager des personnes dans le projet, de créer de véritable synergie qui nous pousse à aller encore plus loin, à continuer d’avancer ensemble et de renforcer ce lien. Concrètement aujourd’hui, nous allons rapidement créer de nouvelles communautés.

La mise en place demande beaucoup de temps pour que les gens adhèrent et s’approprient le projet, qu’avez-vous mis en place pour les accompagner?

Premièrement beaucoup de communication, à ce sujet, nous avons fait un kick-off au moment de lancer l’audit pour fédérer l’équipe projet et s’assurer qu’au moins un représentant de chaque métier soit informé de notre ambition. Ensuite lorsque Openbridge nous a restitué l’étude, nous avons réalisé un film partagé sur la plateforme de vidéo déjà existante, une autre fonctionnalité sociale, pour que les gens aient déjà des informations sur ce projet communautaire.
Les équipes RH internationales ont aussi défini un questionnaire en ligne pour préparer la création d’une communauté.
D’autres outils existent déjà et nous sommes en train d’en définir de nouveaux. Sur ce type de projet, nous avançons par l’expérimentation.

Depuis votre arrivée chez ADP en 1995 quelles évolutions avez-vous connu au niveau de l’entreprise et de votre métier ?

ADP alors très présent sur le « middle market » avait décidé de se lancer sur le marché des TPE et PME. Ainsi, je suis rentrée en tant qu’ingénieur commercial avec une formation marketing, parmi les premiers jeunes embauchés avec l’ambition d’ADP de nous faire évoluer au sein de la structure. C’était comme une entreprise dans l’entreprise, chargée de déployer cette nouvelle offre où je suis restée 5 ans.

Dans les grandes évolutions d’ADP, on a ensuite lancé le concept de l’offre modélisée, encore un nouveau challenge pour moi. Une offre à un prix très compétitif proposée en mode SAAS.

J’ai ensuite évolué en tant que chef de projet Marketing d’un segment, puis responsable marketing avec pour rôle de déployer la marque ADP DECIDIUM pour les PME. Le challenge consistait aussi à fédérer les salariés autour de cette nouvelle offre. En effet, on ne passe passe pas d’un outils de paie à une solution globale de gestion du capital humain du jour au lendemain.
J’ai ensuite repris un cursus HEC en communication et ce fut une révélation ! C’est ainsi que j’ai été chargée du déploiement d’ADP sur les réseaux sociaux, et rendre plus cohérentes l’ensemble de nos actions de communication pour ADP France.

Qu’est-ce que vous retenez de cette aventure au niveau personnel depuis votre arrivée chez ADP en 1995 ?

ADP a beaucoup contribué au développement de mes compétences puisque j’ai eu l’occasion de changer 3 fois de métier. ADP a su prendre le risque, m’offrir l’opportunité de changer tout en m’encourageant à me développer.
En terme de construction personnelle, ce qui est particulièrement appréciable c’est la confiance accordée aux salariés et la culture de la responsabilisation. On nous encourage à la prise d’initiative et à la créativité. Et même si tous les projets ne sont pas retenus, c’est une occasion d’argumenter, de partager une nouvelle idée.
ADP et une entreprise où l’on peut réussir.