MyBrian - interview Girlz in Web

Géraldine, quel a été ton parcours professionnel ?
J’ai fait la 1ère moitié de ma carrière dans de grands groupes à l’international. J’ai occupé plusieurs postes dans les fonctions Achats, Marketing et Business Development qui m’ont toujours exposée à des problématiques de communication multiculturelle. J’ai notamment pu observer que beaucoup de Français étaient très mal à l’aise quand ils devaient prendre la parole et exprimer leurs idées face à un public international. La société française est complexée avec sa culture du parfait, et a souvent peur de ne pas être à la hauteur, peur du ridicule, c’est intrinsèque à notre système d’éducation. Autant à l’oral personne ne va pas se formaliser d’une faute de langage ou d’un contresens car le dialogue permettra toujours de clarifier le sens du message. Autant à l’écrit c’est différent, et notamment lorsque celui-ci est destiné à être publié et qu’il a pour vocation d’adresser un message impactant, précis, clair et convaincant. Ici, un contresens peut parfois vraiment porter préjudice..

Comment est venue l’idée d’entreprendre et de créer MyBrian ?
Dans mon dernier job, j’avais une collègue anglaise que je sollicitais sans cesse sur Skype pour obtenir certaines expressions idiomatiques en anglais. Je trouvais ça vraiment pratique  :elle connaissait mon univers professionnel et son jargon. J’avais une réponse en un éclair et étais rassurée d’avoir une formulation adaptée. Et c’est comme ça qu’a germé MyBrian : l’idée de lancer une application qui donnerait l’accès à un service de traduction humaine en anglais avec une interaction en temps réel entre le client et le traducteur, de n’importe où et de n’importe quel appareil. J’ai profité d’un plan au sein de Renault Trucks pour me lancer dans la grande aventure entrepreneuriale. Je me suis associée  avec Erin, Néo-Zélandais (comme ça je ne lâche pas l’aspect multiculturel au quotidien 😉)dont le parcours est exclusivement entrepreneurial dans le web et l’IT. Il a porté toute la partie technologique du développement de l’application et s’occupe également de la relation avec nos traducteurs, ce qui a beaucoup de sens puisqu’il est anglophone.

Notre nom fait bien-sûr référence au fameux sketch de Gad Elmaleh « Where is Brian ? Brian is in the kitchen ! ». Il fait sourire les gens, ils s’en souviennent, ce qui est très positif. Notre solution se distingue notamment en proposant des traductions rapides de contenu court mais impactant, à vocation commerciale, marketing, informative ou pédagogique, dont l’enjeu est suffisamment important pour solliciter les services d’un traducteur.  Ça peut être aussi court qu’un tweet, qu’un mail ou un peu plus long comme par exemple une newsletter, un billet de blog ou un communiqué de presse. Le client poste son texte, choisit son délai et MyBrian s’occupe du reste. Le prix est fonction du degré d’urgence.

 

Le numérique était un domaine de compétences que tu maitrisais bien avant de te lancer avec MyBrian ?
Je ne suis pas une “digital native”. Ma connaissance du numérique se limitait donc à internet et aux outils de messagerie. Mais comme tout le monde, j’ai découvert l’usage de certaines applications mobiles qui offraient un parcours utilisateur particulièrement fluide et je crois que c’est aussi ce qui a fait qu’Uber a connu un tel engouement. Aujourd’hui, on est beaucoup dans le « tout-tout de suite », « le vite, simple et facile » par manque de temps

 

Comment as-tu vécu cette expérience (notamment en tant que femme) ? Etais- tu bien entourée ?
C’est une nouvelle expérience très enrichissante où l’on doit apprendre à marcher exactement comme un enfant de 12 mois : on essaie, on tombe, on se relève, on retombe, on pleure, on rit et puis un jour on finit par marcher sans savoir pourquoi on marche mais on marche. C’est une prise d’autonomie énorme, surtout quand on a eu un statut de salarié pendant 20 ans et que l’on avait autour de soi un nombre illimité de ressources à disposition. Apprendre à faire tout avec peu de moyens : on pourrait appeler ça du scoutisme entrepreneurial !

J’ai bénéficié de plusieurs accompagnements, d’abord en pré-incubation chez Volvo avec le soutien de Waoup (studio de conseil en création de business) qui se poursuit encore aujourd’hui. J’ai également suivi le programme startup à l’EM puis j’ai été accompagnée par la société Aperience (une super société en design de service). Je participe également à la vie de l’association le Repère des Créateurs (création d’entreprises) à Tassin.

Seule, on ne fait pas grand-chose longtemps. J’ai eu énormément de soutien moral, de la part de ma famille, d’amis et d’anciens collègues et ai été impressionnée par la solidarité féminine, qui est un réseau à la fois très discret et très puissant. Mais beaucoup d’hommes m’ont également énormément apporté, à commencer par mon associé Erin.

As-tu quelques conseils à donner aux futur(e)s entrepreneur(e)s, qui n’osent pas se lancer ?
Je suis une jeune entrepreneure (malgré mon âge 😉), et je n’ai donc qu’une courte expérience dans l’entrepreneuriat. Mais je dirais une chose importante : lorsque l’on a envie d’accomplir quelque chose, il faut le tenter même si on prend des risques.  La vie est courte et se remettre en question en permanence est une excellente manière de progresser et d’évoluer avec son temps. Entreprendre est une source d’épanouissement importante, malgré le yoyo émotionnel auquel tout entrepreneur fait face quotidiennement. Une dernière chose : il faut sans doute être un peu fou ou folle pour le faire 😊, mais tant que le risque reste mesuré pourquoi se l’interdire !

Un grand merci Géraldine pour le temps que tu as consacré à cette interview. On espère que ton expérience donnera envie aux entrepreneur(e)s encore hésitant(e)s de franchir le pas !

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Géraldine MyBrian - interview Girlz in Web

Géraldine Godurowski, co-fondatrice de MyBrian

Email: geraldine@mybrian.fr

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