Evénements

La curation : le web organisé par les utilisateurs

panel à la conférence curation février 2011

Lundi 7 février 2011 se tenait la première conférence sur la curation en ouverture de la Social Media Week à Paris, avec en trame de fond la question de l’avenir du web. Sommes-nous face à une nouvelle étape de l’évolution d’internet, une nouvelle ère ?

Pour répondre à cette question la conférence était organisée en 3 temps : une présentation de Dominique Cardon, sociologue, chercheur au Centre d’Etudes des mouvements sociaux de l’EHESS et au Laboratoire des usages d’Orange Labs ; un panel sur les médias et les journalistes ; un second panel sur la question « Qui est curator » ?

Patrice Lamothe de la société Pearltrees, plateforme de curation introduit le sujet en indiquant l’enjeu actuel : les usages sont encore jeunes, et cette conférence doit nous aider à définir un concept à la fois technologique et social. Et la première définition est donnée : la curation c’est une nouvelle étape dans la démocratisation du web grâce à une réappropriation de son organisation par les utilisateurs. Une étape qui peut changer la structure et les habitudes du web.  Ce qui est nouveau, c’est que nous devenions mutuellement le guide les uns des autres.  Un peu comme le conservateur (curator) d’exposition qui organise son propre monde en exposant uniquement ce qu’il veut montrer.

Quelle nouvelle démocratisation du web ?

Dominique Cardon explique ainsi les évolutions récentes ; nous sommes au point de rencontre entre 2 tendances :

  • Une partie de notre recherche est devenue sociale. Sur Facebook, twitter, etc. c’est la navigation qui nous fait découvrir l’information par la sérendipité. C’est le contraire de la recherche intentionnelle et préalablement formulée, comme dans google.
  • On peut tous devenir éditeurs. Nous connaissons une crise des gardiens de l’édition, les « gate keepers », ceux qui traditionnellement ont fait l’ « agenda » de l’information, qui en ont fait l’édition, comme les médias.
  • La curation est donc un prolongement de cette recherche sociale, qui nous permet d’accéder aux contenus  – déjà publiés – filtrés et organisés ensuite par nos pairs. Nous avions jusqu’à présent les lecteurs (90% des internautes), les commentateurs (9%) et les éditeurs (1%) ; nous avons donc en plus les « collectionneurs ».

    Mais qu’est-ce qui motive une partie des internautes à s’impliquer dans l’organisation du web ? La hiérarchie de l’information est déjà créée collectivement par les liens, par les recommandations que font les internautes sur Facebook, sur Amazon, sur Twitter, etc.
    L’intérêt grandissant pour la curation vient du fait qu’elle est une manière supplémentaire de se distinguer devant les autres. C’est parce qu’elle est un mode d’expression, que la curation se développe. « Collectionner » est un moyen de se singulariser et définit notre identité devant les autres.
     
    La prochaine étape pour la démocratisation de la curation est de trouver des formes d’agrégation collectives qui vont permettre de garder l’identité de chacun. Comment arriver à montrer ce qui est commun en gardant la visibilité des facettes individuelles ?  Quoi qu’il en soit, pour D. Cardon, les curators ne représentent pas tous les internautes, mais sont un élite.

    Autour de la première table ronde, on a retrouvé Eric Sherer (France Télévisions) , Benoît Raphaël (Co-Fondateur Lepost.fr et Fondateur Social Newsroom) et Frédéric Montagnon (Wikio) sur l’impact de la curation dans l’évolution du métier de journaliste et sur la nature de l’information.

    A quel besoin répond la curation ?

    Face à la surabondance de l’information, nous ne disposons pas d’assez de modes de découverte. La curation permet d’accéder aux informations du web profond, là où a contrario les plateformes de micro-blogging favorisent le buzz. « Le curator est celui qui prend soin de l’editeur, en trouvant le signal dans le bruit. » indique Eric Sherer.
    Les revues de web présentes sur de nombreux blogs en sont déjà un exemple.

    Quels changements pour les médias ?

    Pour E. Sherer, la curation intervient après le « tri sélectif ». On peut parler de dépollution des contenus. Dans ce rôle les experts semblent mieux placés que les journalistes pour sélectionner l’information pertinente et l’exposer. B .Raphaël témoigne d’ailleurs qu’à LePost.fr, les lecteurs étaient souvent plus rapides et efficaces que les journalistes dans la sélection d’informations.
    La création de valeur n’appartient donc pas uniquement a ceux qui créent le contenu.

    Mais combien y en aura-t-il ? La question de la masse critique nécessaire pour nous éclairer sur tous types de sujets est de nouveau posée par Frédéric Montagnon qui doute de la possibilité de trouver assez de curators pour les sujets de la longue traîne.

    La presse quant à elle tient un rôle important dans l’amélioration de l’accès à ces sources par la mise en scène qu’elle propose. La recette de la curation selon B. Raphaël est 40% d’algorithme, 40% de social et 20% d’éditorial.
    Les médias apportent également une valeur par leur capacité à vérifier ces informations. En exemple, Benoit Raphaël évoque la crise en Egypte, et le nombre important de contenus qui circulent (vidéos, témoignages, appels à mobilisation). Dans ce cas précis, il est primordial de distinguer les vrais informations de celles qui participent à la manipulation et à la désinformation.

    J’ai regretté, à ce stade des interventions, que la question de l’utilisation de plateformes de curation par les médias ne soit pas abordée. Par exemple certains médias comme le  New York Times embarquent déjà des plateformes de curation à l’intérieur de leurs colonnes et des journalistes ont eu recours à des outils de curation collective pour opérer une sélection de tweets d’activistes en Egypte, et les traduire en plusieurs langues.

    La seconde table ronde a regroupé – Eric Dupin -(Blogueur Presse-Citron.net, Fondateur  LeFocus.fr), Guillaume Decugis (Co-fondateur et Directeur général de Scoop.it), Patrice Lamothe (Co-fondateur et PDG de Pearltrees), Eric Briones (Planneur stratégique & blogueur)

    La bataille des égos

     Ce panel démarre par la question de la place du curator face au blogueur. Réponse de Eric Briones : « La curation demande une éthique du lien, ce que n’ont pas toujours les blogueurs qui n’aiment pas toujours citer leurs sources». Le besoin d’expression et de reconnaissance sociale étant un des leviers de la curation de contenu, l’honnêteté du curator sera une des clés dans la bataille d’influence entre bloggeur et curator ; entre la production de l’information et sa diffusion, alors que les deux fonctions sont complémentaires. Autrement dit le curator risque d’être « une sorte de DJ qui vole la vedette aux artistes qu’il remixe », comme suggéré dans les tweets. Une nouvelle tension entre les égos va naître à l’arrivée de ces nouveaux acteurs.

    A l’opposé, Eric Dupin témoigne de son initiative Lefocus.fr, un Drudge Report français. A l’origine, il avait envie de rapatrier les contenus de sa veille qu’il partageait sur Facebook et Twitter, pour ne pas risquer de la voir disparaitre. Il a  créé une plateforme d’agrégation de liens qu’il sélectionne et publie manuellement, après avoir réécrit les titres, avec sa subjectivité.
    On a besoin d’archiver et de pouvoir rentrer dans une profondeur historique, qu’on ne trouve pas sur twittter. Face à l’accélération des contenus, ce type de curation nous permet de ralentir en conservant des informations froides.
    Le témoignage d’E. Dupin est d’autant plus intéressant que la curation se conçoit plus facilement au sein de communautés, par thématique. Lefocus.fr s’inscrit dans une forme de curation plutôt généraliste.

    Demain, tous curators ?

    Pour répondre à la question, posée plus haut, des moyens de démocratiser massivement l’organisation du web et d’atteindre rapidement un nombre important de curators, Patrice Lamothe a sa vision et déclare qu’ « on est curator dès l’instant où on a une passion ». Nous sommes dans le «  3e étage de la démocratisation du web » précise-il. Dans un premier temps nous consultions une bibliothèque qui n’était pas la notre ; puis nous avons apporté des livres dans cette bibliothèque. A présent nous organisons les  livres de chacun dans la bibliothèque commmune.

    Alors, est-ce que les « Like » de Facebook postés sur les sites web peuvent être perçus comme de la microcuration ? La fonctionnalité permet d’aller sur le web et de mettre en avant des sources sur le réseau social. La différence, une nouvelle fois expliquée par P. Lamothe serait que les médias sociaux renvoient des masses de gens au même endroit, même moment et créent un buzz. Les moyens techniques mis en place par les plateformes de curation telles que Pearltrees et Scoopit permettent d’aller chercher avec l’appui d’algorythmes des informations dans la profondeur du web.

    Acte de création et de subjectivité

    La plateforme Scoopit offre également la possibilité d’éditer le contenu et d’en réécrire les accroches (titre, chapeau). Selon Guillaume Decugis, nous voulons une « médiation subjective qui donne du sens. On ne recherche pas de vérité absolue, mais une perception. »
    La curation est donc un acte de création. Là où le blog permet de créer et publier du contenu, la curation permet d’éditer l’information et de créer sa propre librairie. Au-delà elle peut même être un acte d’intelligence collective dans la curation menée animée par plusieurs contributeurs.

    Ces nouvelles approches éloignent le curator des métiers de documentaliste et de veilleur présents dans la salle et qui se sont exprimés pour indiquer qu’eux aussi étaient concernés par l’arrivé de ce nouvel usage. Ce qui les distingue fondamentalement c’est précisément l’objectivité dont ils doivent faire preuve dans de la collecte et la diffusion des informations. G. Decugis se voulant rassurant ajoute « Un travail de documentaliste objectif peut s’exprimer sur les plateformes, mais c’est du recueil ».

    En conclusion on peut se demander avec de nombreux participants pourquoi la curation est aujourd’hui sur le devant de la scène ?

    Le besoin d’accéder aux informations par une nouvelle forme d’organisation collective par thématique semble émerger ; et en parler, c’est rendre conscient le phénomène. Des outils spécialisés font le pari que nous sommes tous experts. Tous, dans un domaine nous avons des connaissances et cela nous rend capables de nous exprimer sur un sujet avec une légitimité et d’en tirer une reconnaissance sociale.

    E. Dupin a contrario affirme que la curation, même si elle peut couvrir tous les sujets et toutes les passions est réservée à des utilisateurs avancés. Si elle n’est pas une affaire de geeks, parce qu’elle ne fait pas appel à la technicité, c’est malgré tout l’affaire d’une part restreinte des internautes.

    La curation requiert des compétences de tri des contenus et pas seulement de collecte. Pour que la bibliothèque soit lisible de tous il faut qu’elle soit classée, hiérarchisée dans un ordre compréhensible par tous. Ce tri doit donc faire appel à des codes universels, des compétences que tout le monde n’a pas la compétence à reproduire.

    Avant de se quitter Eric Briones nous interpelle sur la question du modèle économique : quel va être le rapport entre curation et gratuité des contenus ? Si la curation permet aux utilisateurs de gagner du temps dans la recherche d’informations pertinentes, pour le curator au contraire cela va nécessiter un investissement plus long en réflexion.

A lire ailleurs

Interview de Catherine Ertzscheid, auteur du livre  » Le Community Management »

Photo Catherine Ertzscheid

Interview de Catherine Ertzscheid par Camille Jourdain, auteur du blog « Le Marketing sur le Web »

« Après avoir interviewé Stéphane Langonnet la semaine dernière, je reçois aujourd’hui Catherine, Community Manager freelance et co-auteur du désormais célèbre livre « Le Community Management ». Ouvrage qui squatte ma table de chevet depuis quelques temps et que je conseillerais à tous les passionnés de web, de réseaux sociaux et de community management.

Disponible à la FNAC, chez Virgin, Eyrolles, Amazon et sur le site de l’éditeur Diateino, ce livre peut également être commandé dans toutes les librairies de quartier. »

Un livre sur le community management écrit par des Community Manager : Catherine Ertzscheid, Benoît Faverial et Sylvain Guéguen.

Catherine a gentillement accepté de répondre à quelques questions sur son métier.

Lire l’interview ici

Evénements

Ignite spécial Girlz in Web, le 9 février 2011

Logo Ignite

Ignite, c’est quoi ? Il s’agit de présenter un sujet qui vous tient à cœur (mais pas trop), sur lequel vous êtes expert, en 5 minutes, 20 slides, 15 seconde par slide. C’est chronométré oui oui…

Cet Ignite sera présenté exclusivement par des Girls.

Le recrutement de partantes fut laborieux, il semble que peu de personnes soient prêtes à s’attaquer à ce morceau de bravoure :D

Peu importe le nombre de présentations : quelques-unes se sont lancées, et peaufinent actuellement leurs présentations pour assurer l’Ignite mercredi soir. Dans ce contexte, et comme d’habitude aux events que nous organisons, il va de soi que la bienveillance est de mise. Et nous espérons que des motivations naîtrons après ce premier test d’Ignite en version Girlz in Web !

Quand ? Mercredi 9 février 2011, de 20h à 22h.

Où ? Chez Valtech, 103 rue de Grenelle, 75007 Paris. Métros Solférino ou Varenne.
Merci à eux pour l’accueil !

Qu’est-ce qu’on mange ?
Nous avons choisi d’organiser une collecte pour vous permettre de vous restaurer pendant l’évènement et de créer ainsi les conditions favorables à un bon networking (c’est à dire le ventre plein !).
Les frais de traiteur sont de 10 euros par personne. Merci donc de confirmer votre inscription en donnant votre participation sur Leetchi.

Toute l’info sur l’event Facebook Ignite Girlz in Web

A mercredi soir !

Portraits

Marie-Catherine Beuth, professions : blogueuse, journaliste

Marie-Catherine Beuth est une de ces passionnées hors-normes qui parviennent à conjuguer un métier prenant et très actif, comme celui de journaliste High-techavec la passion du blogging.

Rencontrée lors des conférences de presse que j’organisais à La Cantine, j’ai voulu en savoir plus sur sa personnalité et ses métiers !

« Une journaliste qui bloggue »

Lucile Reynard: Pour commencer peux tu te présenter en quelques mots : âge, métier, activité ?
Marie-Catherine Beuth: J’ai 30 ans, je suis journaliste et blogueuse ou plutôt « journaliste qui bloggue ». J’ai commencé mes études au Celsa, mais je n’ai pas suivi la filière journaliste.
A l’époque il y avait un tronc commun généraliste après bac. ensuite, j’ai fait l’Institut Français de Presse à Paris II. On n’avait pas beaucoup de cours donc j’en ai profité pour faire des stages et des piges, et tout s’est enchaîné assez bien, j’ai fait les bonnes rencontres au bon moment.

Lucile Reynard: Et cette passion pour les technos et le net, elle te vient d’où ?

Marie-Catherine Beuth: Je pense que c’est le coté nouveau, rafraichissant, en mouvement qui me séduit. C’est de voir un nouveau monde qui se crée, se cherche, je crois, qui me plait. Mais c’est dur de dire d’où cela vient :aucun informaticien dans ma famille quoi !

Lucile Reynard: Le blog et la rubrique Nouveaux Médias que tu tiens pour le Figaro c’est ton premier poste ou as tu eu d’autres expériences avant ?
Marie-Catherine Beuth:J’ai été pigiste à L’Évènement du Jeudi et à Marianne, avant, ainsi que pour des titres de la presse BD (Bachi Bouzouk, Virus Manga – ils n’existent hélas plus…)

Une journée bien remplie

Lucile Reynard: Peux-tu nous expliquer ta journée type de journaliste blogueuse ?
Marie-Catherine Beuth: Comme je disais, je suis une journaliste qui blogue. ça veut dire que le journal vient d’abord, le blog ensuite.
Le matin, je fais mes rendez-vous avec des acteurs du secteur puis je vais au journal, je lis les autres journaux, mon fil Twitter, mes flux RSS sur netvibes – j’essaie d’identifier à la fois les sujets pour le journal et pour mon blog, que je mets de côté. Si je suis sur l’édition, je commence à travailler sur mon article (téléphoner à des gens, documentation…). Selon les sujets repérés le matin et si je n’ai pas de rdv, je vais essayer de publier une note sur le blog à midi.

L’après-midi est consacrée au bouclage de l’édition – fin d’enquête du papier, écriture de l’article, écriture de brèves. Si je n’ai pas pu bloguer dans la journée, je blogue après le bouclage. le plus confortable étant quand je ne suis pas sur l’édition, là je peux faire une ou plusieurs notes dans la journée. Au départ, je suis journaliste employée du journal. le blog, je le fais en extra. Le journal est un quotidien, donc je suis sur l’édition quasiment tous les jours. Sur le blog je choisis les sujets, les écris, les édite seule, pas de relecture, pas de censure ! (évidemment je dis pas qu’il y a censure sur le papier!! )

Pour les dates : le blog est live depuis printemps 2008 et j’ai commencé au journal en 2004. Ça s’imbrique très bien. je dis toujours que mon blog, ce sont des post-it qui me servent pour le journal ensuite. Le blog me permet aussi de compenser pour le manque de place dans le papier et de traiter des sujets plus en amont, quand ils sont encore émergents. Enfin j’aime beaucoup l’échange direct qu’il permet avec les lecteurs et autres blogueurs…Le blog c’est pour la proximité, le réseau aussi : je découvre ainsi plein de fins observateurs du secteur, c’est très précieux en terme de réflexion et de ressources.

« Une partie des blogueurs s’est professionnalisée. et que l’ensemble s’est perfectionné »

Lucile Reynard:Tu es donc sur la blogosphère depuis assez longtemps. Que penses tu de son évolution ? Dirai tu qu’elle s’est professionnalisé ?
Marie-Catherine Beuth: J’ai du mal à voir la blogosphère comme un ensemble homogène donc c’est dur d’en apprécier l’évolution. Cela dit je pense qu’une partie des blogueurs s’est professionnalisée. et que l’ensemble s’est perfectionné. Ensuite il y a des blogs, qui n’en sont plus (Techcrunch !!!), et d’autres qui ont très bien réussi à définir une écriture média propre : entre le média avec des contenus de qualité et la petite touche personnelle qui fait que c’est un blog et pas un mini-site. Enfin, il reste ce fabuleux truc indéfinissable qu’est la communauté skyblog ! Le grand bac à sable de la libre expression…
Dans le high-tech en particulier, je trouve que certains blogs sont un peu trop chiants, trop revues produits car financés par la pub et l’affiliation, mais à ce niveau là, c’est peut-être plus des blogs… je sais pas

Lucile Reynard : La guerre journaliste-bloggers tu en penses quoi ?
Marie-Catherine Beuth: Je n’ai pas de problèmes avec les blogueurs. En tant que journaliste je ne les vois pas comme des concurrents ou des menaces, mais plutôt comme des ressources (voire des sources). De manière plus générale, j’aime bien l’idée – et elle vaut pour les journalistes comme les blogueurs – qu’il faut faire ce qu’on fait sérieusement mais sans se prendre au sérieux.

« Wiki spirited »

Lucile Reynard:Que conseillerais-tu à un jeune qui voudrait suivre ta voie ? Quelles qualités faut il avoir selon toi ?
Marie-Catherine Beuth: Prendre du plaisir, travailler, s’entourer de bonnes personnes (et pas que de journalistes), mais surtout, s’amuser avec ce qu’on fait ! On peut me contacter pour un conseil ! wiki-spirited


Lucile Reynard: Pour finir, je vais te demander de me donner tes secrets, tes deux ou trois sources de prédilection !
Marie-Catherine Beuth: http://pewinternet.org , wsj.com, joy of tech, et un abo à Fast Company !


Lucile Reynard: Pour terminer tout à fait quelles sont les tendances de la high-tech en 2011 pour toi ?
Marie-Catherine Beuth: ha je suis nulle en prévisions…de manière générale, je dirai plus de mobile : médias mobiles, pub mobile, paiement mobile….

+ Le blog de Marie Catherine dédiés aux nouveaux médias : Étreintes Digitales
+ Figaro.fr/hightech

Evénements

La Fail Conférence : une réussite !*

Avant-propos / NDLR : Quand 2 Girlz in Web assistent au même event sans le savoir, et partagent toutes 2 leurs impressions… Ca donne 2 billets sur le même sujet. Et, en l’occurrence, un seul et même enthousiasme. Après celui de Jessica Gauzi, voici le retour de Klaragora sur la FailConf de la semaine dernière. Un billet rédigé le lendemain, que, soyons franches, vos humbles éditrices du portail n’ont pas publié dans les temps. Bonne lecture !
Amphi fail conf

Hier soir chez Microsoft a eu lieu un événement inédit…

  • non pas dans son format : classiques interventions, conférences, table ronde, cocktail, le tout sponsorisé à bloc)
  • non pas dans son public : entrepreneurs entre 20 et 70 ans, investisseurs, VC, business angels, appelez ça comme vous voudrez, le tout saupoudré d’ambassadeurs Microsoft
  • mais dans son sujet pour le moins original…
  • Puisqu’il s’agissait de la première conférence dédiée… à l’échec entrepreneurial.

    Avant toute chose, d’où vient ce projet de conférence ?…

    D’une idée farfelue sortie d’un cerveau d’entrepreneur breton parti aux US pour faire fructifier son business, mais revenant au moins une fois par an en France pour participer au premier événement européen consacré au Web… événement qu’il a lui-même créé en 2004…

    Bon. Une idée de Loïc Le Meur, donc, alias @loic sur Twitter. (J’espère que vous aviez trouvé… !)

    Le postulat de base ? « On célèbre à juste titre les succès, mais on ne raconte pas souvent comment on surmonte un échec, l’impact qu’il peut avoir sur une carrière et dans la vie des entrepreneurs. »

    La conférence est introduite par Blaise Vignon alias , responsable des relations avec les start-ups pour Microsoft de son état… ou « Emerging Business lead Platform & Ecosystem », dixit sa carte de visite.

    Evidemment, il fallait citer le gourou made by Microsoft, en préambule de toute  intervention, citation que je vous rapporte ici :

    “It’s fine to celebrate success but it is more important to heed the lessons of failure.” Bill Gates, founder of Microsoft.

    Au-delà des quotes, Microsoft accompagne chaque année 300 start-ups, nous apprend Blaise.

    Les principaux partenaires de l’événement, outre Microsoft qui nous accueillait dans ses locaux (500 personnes, quand même, et 1500 personnes en tout qui auraient voulu venir), étaient les suivants :

  • Notre Roxanne nationale (si l’on peut dire), de TechCrunch France, alias @roxannevarza. Américaine vivant actuellement à Londres mais complètement adoptée par Paris… Si vous ne l’avez pas déjà vue au Start-Up WE Paris, c’est à un événement à la Cantine, ou à une soirée Mashable, ou à un événement Girlz in Web, bien évidemment…
    On l’a peu entendue, malheureusement, car elle nous fait souvent cadeau d’interventions brillantes qui font honneur à la gent féminine. (Petit discours féministe à deux balles, j’en conviens !)
  • Notre gourou entrepreneur français à nous, Gilles Babinet, alias @babgi, fondateur notamment de Musiwave, Eyeka, Captain Dash…
  • Première intervention par Gilles Babinet

    Intervention de loin la plus captivante (peut-être parce que c’était la première aussi…), ayant pour thème : « l’importance de l’échec dans la vie de l’entrepreneur ».

    Gilles nous a fait notamment 3 confidences qui en rassureraient plus d’un :
    1. « Beaucoup me voient comme un génie à qui tout réussit, alors que, petit, j’étais toujours dernier de classe ou presque, à tel point que mes parents ont voulu vérifier mon QI et se sont aperçus que j’étais en-dessous de la moyenne, avec 96 points… »
    2. « La plupart de mes boîtes ont dû être modifiées en profondeur car vouées à l’échec au départ. »
    3. « Je fais entre une et deux heures de méditation par jour » … !

    En vrac, je vous livre quelques verbatims qui m’ont paru « clés » dans cette intervention, toutes en mode 140 caractères : venue sans papier, ma TimeLine a fait office de bloc-notes !

  • « L’échec fait partie du cycle de vie de l’entrepreneuriat »
  • « La France est le pays de la pensée unique, des conservatismes et de la peur »
  • « Pour être un loser, n’abondez que dans le sens des causes gagnées : « les racistes sont des cons », « la misère, c’est une catastrophe »… »
  • « Critiquer un concurrent ne l’a jamais fait disparaître »
  • « La peur est à l’origine des crispations et de l’échec »
  • « Être bienveillant, c’est accepter les idées a priori saugrenues. Induire un esprit de créativité dans son entreprise »
  • « La peur est l’ennemie de l’entrepreneur : c’est la somme de vos chutes qui fait que vous savez marcher »
  • Seconde intervention, celle de Michel Dahan, de Banexi Ventures

    Il nous a livré « Le point de vue du VC », avant de laisser la parole à Daniel Kahn, de Kahn & Associés, proposant une keynote sur le thème : « Bien réussir son échec pour  rebondir et autres histoires vécues »

    Là encore, quelques verbatims issus de ces deux interventions :

  • « Une bonne équipe avec une techno moyenne sera toujours meilleure qu’une bonne techno avec une mauvaise équipe »
  • « Sur 10 deals de VC, la règle voudrait que 7 failent et coûtent de l’argent, 2 vivotent, 1 fait vraiment gagner de l’argent et rentabilise les 10 investissements »
  • « Les vrais échecs, c’est entre 10 et 15% des dossiers financés par les VC : on voit 400 sociétés par an, et on en sélectionne 4, qui sont pour nous nos challengers »
  • « Certains qui ont réussi deviennent ensuite autistes aux nouvelles idées et nouveaux projets »
  • « Parfois on pousse l’entrepreneur dans ses retranchements pour voir si vraiment il y croit »
  • « Règle de base pour entreprendre : savoir s’entourer de bons conseillers et… Savoir les écouter… »
  • « Un diagnostic lucide, rationnel, honnête suite à un échec est déjà une belle façon de rebondir »
  • « Il y a des CEO pour emmener des boîtes jusqu’à 1M$, 10M$, 50M$… À chaque étape, on vire les CEO d’avant. »
  • « Il faut pas hésiter quand c’est nécessaire de virer le CEO, même quand il s’agit du fondateur »
  • Une table ronde

    La table ronde qui a suivi réunissait JD Chamboredon (ISAI, le fonds des entrepreneurs Internet),  Frederic Pie (Ex-Vodeo), Laurent Kott (CEO, Inria Transfert), Philippe Rodriguez (Ex-Wantuno).

    Fail cocktail ?

    Je vous propose une petite ellipse narrative pour garder le peu d’attention qu’il vous reste et arriver au cocktail qui était, pour le coup un beau fail : on s’attendait, étant dans un lieu tout de même qu’on peut qualifier de prestigieux, à des cocktail dînatoire de fou, des petits fours rivalisant de saveurs et un service sympathique…

    Eh bien on a dû se contenter de chips… !

    Au-delà de cette considération bassement culinaire (oxymore ?), ce cocktail avait surtout ceci d’intéressant de pouvoir poursuivre les échanges amorcés pendant la conférence avec des gens souvent passionnés, souvent passionnants, chacun ayant mené des projets plus ou moins successfuls…

    Le plus important, derrière échecs, comme réussites, ça reste les hommes et les femmes qui portent le tout et font tout pour emmener leurs idées, leurs projets, le plus loin possible, avec enthousiasme et talent…

    Bravo à chacun, chacune, bonne chance à tous les entrepreneurs…

    * Oui, je sais, le jeu de mot est un peu facile, mais 3 ans dans la PQR et vous êtes condamnés à passer maître dans l’art des titres pourris…

    Crédit photo : Olivier Ezratti

Evénements

La FailConf: une 1ère en France, chronique d’une réussite !

Hashtag failconf

Devant le succès de cet évènement, organisé ce mardi 1er février 2011 chez Microsoft et par sa fameuse équipe (Blaise Vignon, Julien Codorniou, etc.), on peut s’attendre à un carton lors de la V1.

Elle a d’ailleurs été annoncée pour le mois de septembre dès l’introduction de Roxanne Varza, toujours là pour apporter une touche fine et féminine dans une audience particulièrement masculine.

Une rencontre autour de l’entrepreneuriat

Importé des US, ce format de rencontre autour du thème de l’échec dans l’entrepreneuriat, a suscité un engouement fort dans la communauté Web française. Microsoft, qui soutient l’écosystème des start-ups, a créé une opportunité d’échanger et de provoquer un vrai débat qui a animé les esprits pendant plus de 2h.
Selon Techcrunch, ce sont plus de 600 participants qui étaient présents hier dans un amphi’ où avaient lieu les présentations, mais aussi des salles annexes où était retransmis le livestream faute de place. Le fil Twitter #failconf a été quasi saturé, avec toute sorte de twitts en continu. Dont nous avons pu apprécié quelques extraits grâce à la solution Balloon.

1400 inscrits sur Facebook

Sur la page Facebook qui annonçait l’event, plus de 1400 membres du réseau s’étaient inscrits… mais une bonne partie n’ont finalement pas confirmé leur venue avec l’inscription obligatoire à effectuer sur le système MS Events, qui d’ailleurs a montré quelques signes de faiblesse puisque la plupart des inscrits n’ont pas eu de confirmation en retour.

“Fail” dira t’on? non, plutôt outil à améliorer pour la prochaine fois, puisque celle-ci n’était qu’une version “bêta” :)

Si cette conférence a attiré autant l’intérêt des français, entrepreneurs, professionnels du Web pour la plupart, c’est que le sujet était tout à fait pertinent: dans une société où parler de l’échec est assimilé à un tabou et que ceux qui le vivent sous souvent mal vus. Il était temps de se poser les bonnes questions: « et si l’échec n’était qu’une étape d’un long chemin, parfois, vers la réussite? et si les revers que l’on peut connaître dans notre vie professionnelle (et même personnelle) sont autant d’expériences pour avancer? » et donc également utiles à partager, pour qu’ils relèvent alors de l’apprentissage bénéfique à tous, et non de mauvais souvenirs à enfouir ou à effacer de son CV.

Amphi fail conf

« It’s fine to celebrate success but it is more important to heed the lessons of failure.” Bill Gates

Selon la citation de Bill Gates (que je vous remets si vous l’avez ratée: “It’s fine to celebrate success but it is more important to heed the lessons of failure.”), l’objectif principal est donc de tirer les leçons d’un échec, et savoir rebondir. Car ceux qui n’essaient pas, n’ont aucune chance de rater, mais aucune non plus de réussir !

Gilles Babinet (serial entrepreneur, qui a notamment fondé Eyeka, Musiwave, Digibonus) a ouvert la session avec une vision très personnelle et positive: la notion d’échec n’est qu’une question de perception, et que ce sont les Français surtout qui en font un élément négatif. Or, comme il l’illustre si bien, avec des exemples forts comme Einstein ou les Beatles, ceux qui ont échoués, sont aussi ceux qui ont pris des risques, qui essaient, qui se remettent en question, qui savent des choses que les autres ne peuvent pas voir, etc.

Plusieurs intervenants ont illustré la thématique abordée.

Et en résumé, sans échec, la plupart n’aurait sans doute pas réussi. Il s’est aussi appuyé sur l’idée que la peur, ce comportement négatif qui nous habite parfois, était un des vecteurs d’échec. Parce qu’elle nous fait craindre le regard de l’autre, elle limite notre créativité, empêche l’agilité… autant de facteurs qui mènent à l’échec.

Son intervention était vraiment riche et orientée sur l’humain, car il nous a fait part de son propre vécu. Malgré ce qu’on peut croire, son chemin a été parsemé d’échecs, et il a toujours su retourner la situation pour incarner aujourd’hui la réussite et l’optimisme ! Ses mots de conclusion ont été BIENVEILLANCE et ENTHOUSIASME, qui selon lui sont nos “Dieux intérieurs”. A méditer.

« Il y a encore 15 à 20% des sociétés qui ne réussissent pas

Michel Dahan, VC & PDG chez Banexi (qui a brièvement décrit leur revente réussie de Kewego à Kit Digital, société américaine cotée au Nasdaq) a indiqué que pour eux aussi, l’échec faisait mal. Et que même si, sur 400 sociétés rencontrées par an, ils n’en retiennent que 4, il a encore 15 à 20% des sociétés qui ne réussissent pas… L’investissement étant fort -et par investissement, on entend le côté relationnel, humain et non pas seulement financier- les VCs sont aussi confrontés à l’échec. D’ailleurs, parmi les sociétés qu’ils sélectionnent, ils misent beaucoup sur l’équipe et non pas que la techno’, car selon eux, ce sont les hommes et leur ambition qui évitent d’être en échec dans la majorité des cas.

Des conseils pour réussir

Daniel Kahn, du cabinet d’avocats spécialisé en droit des affaires du même nom (Kahn & Associés, également sponsor de cette Fail Conf’) s’est attelé à donner des conseils pour réussir en créant de prime abord une société solide. Quelques basics, importants à rappeler, ont été cités: s’entourer de bons professionnels, être fort (“tough”), écouter les autres, savoir redémarrer en cas d’échec, s’appuyer sur les expériences pour avancer, etc.
Sa conclusion, qui fait d’ailleurs écho à son introduction, cite Oscar Wilde, qui a écrit: “il faut viser la lune car même en cas d’échec, on attérit dans les étoiles.” Joli, juste et finalement, comme au Loto: 100% des gagnants ont tenté leur chance!

Fail Conf Panel

Les entrepreneurs soient de plus en plus nombreux et ont une “méchante” envie de réussir

Après 1h30 de présentations très hétéroclites, mais bien équilibrées, une table-ronde animée par Roxanne et Julien a accueilli:

  • Jean-David Chamboredon d’ISAI
  • Laurent Kott, CEO d’Inria Transfert
  • Frédéric Pie, ex-Vodéo
  • et Philippe Rodriguez, ex- Wantuno et actuellement Mix Commerce
  • 2 VCs et 2 entrepreneurs, un débat assez philosophique et interactif. J’ai noté une remarque qui illustre bien le retournement de situation positif sur le marché: malgré une frilosité française dans l’entrepreneuriat et une faible prise de risque en général, il semblerait qu’entre 1998 et 2010 (selon Jean-David), les entrepreneurs soient de plus en plus nombreux et ont une “méchante” envie de réussir.

    Connaître ses limites et ses moyens, afin d’atteindre des objectifs dont on est capable.

    Stéphane Distinguin (de Silicon Sentier, FaberNovel, ex-Digitick et AF83) a eu la délicate tâche de conclure cette première édition de la Fail Conférence française. Quelques points qu’il aura retenu des échanges précédents :
    1) la grande valeur de l’apprentissage
    2) que le succès est tout à fait relatif, selon où et quand on y pense
    3) les choses et les mentalités progressent et changent, y compris en France
    4) et qu’il faut parfois arrêter de rêver et garder les pieds sur terre.
    5) Finalement, éviter l’échec, c’est aussi connaître ses limites et ses moyens, afin d’atteindre des objectifs dont on est capable.

    Alors que le micro était dans la salle pour quelques questions finales, une femme, que dis-je, deux femmes ont pris la parole pour noter qu’il était bien dommage de ne pas avoir assisté à des interventions féminines. Sylvie-Marie Brunet, porteuse d’un projet encore confidentiel, espère que la prochaine fois, la parité sera mieux respectée.

    « C’est surtout la réussite sociale et humaine qui devrait nous importer au quotidien »

    La seconde personne à réagir a simplement ajouté que “derrière chaque grand homme, il y avait une grande femme”. Ce sont sur ces sages paroles que s’est achevée cette Fail Conférence. Le public enchanté, moi y compris, est vraisemblablement sorti pleine d’optimisme et d’ambition. En espérant aussi pour ma part, entendre lors de la prochaine édition plus de voix féminines. Même si, comme l’a souligné Sylvie-Marie, nous sommes parfois plus humbles, les échecs parsèment tout autant nos chemins.

    Ma conclusion personnelle, inspirée par cet évènement, c’est que l’on “juge” trop souvent le succès (et donc l’échec) sur le résultat financier d’une société… Or, c’est surtout la réussite sociale et humaine qui devrait nous importer au quotidien, liée ou non d’ailleurs à une activité professionnelle.


    Crédit photos : Olivier Ezratty

Point de vue

Girlz in Web : Un an déjà… Un petit bilan s’impose.

Né en décembre 2009, le collectif Girlz In Web a depuis bien évolué… Il est donc temps de faire un bilan (positif) et de le partager avec vous.

Après quelques rencontres dans le centre de Paris, un noyau dur s’est constitué rapidement et nous avons posé les grandes lignes de ce que serait notre réseau idéal :

- Un réseau professionnel, animé et mis en place par et pour les femmes pros du Web et des nouvelles technos.

- Un réseau solidaire et ouvert aux autres, qui relaie les initiatives des autres réseaux pros féminins, et les événements pros du Web en général.

- Un site pour mettre en avant les initiatives, les points de vue et le professionnalisme des membres du réseau.

- Des outils : une page Facebook et un compte Twitter pour garder le lien, échanger et relayer rapidement les demandes ou les recherches de chacune.

- Des rencontres physiques pour approfondir, monter en compétence sur des sujets pros et échanger des points de vue.

Bilan un an et quelques après plutôt très positif : le site est ouvert et vivant, des événements ont été organisés et de nombreuses personnes  nous suivent sur la page Facebook (plus de 1000 avec une grande majorité de femmes) et les interactions sont très nombreuses et de qualité sur chaque publication ou presque.

Un site collaboratif : vivier et réseau d’expertises

Le site collaboratif a vu le jour en décembre grâce au talent de deux Directrices Artistiques Web : Elodie Hanouna (Logo), et Sophie Masure (Identité Visuelle) et l’investissement de deux développeuses sympathiques : Elodie Berger qui a codé les 3/4 du projet, puis Aurélie Lucet qui a pris le relai pour terminer le site (cette dernière cherche par ailleurs un poste de front dev). Jérémie Berduck a également contribué à V0 du site.

Il est enfin animé et régulièrement mis à jour par une équipe d’une vingtaine de contributrices différentes à ce jour.

Le tout géré par Célina Barahona pendant environ 6 mois. La gestion éditoriale est désormais assumée à tour de rôle par Hédia Charni, qui est aussi notre buzz Girl sur Twitter, Célina Barahona, Marie-Amélie Frère, Sabine Coulon et Caroline Maizières.
Ces demoiselles sont toutes membres du conseil d’administration et investies dans la prise de décisions et l’organisation de toutes les initiatives de Girlz In Web depuis un an.

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Des événements fédérateurs : entre networking et coaching

Du côté événement on n’a pas chômé non plus puisque trois workshops ont été organisés :

- Outils et principes de la eRéputation professionnelle animé votre serviteure et Marion Meyer toutes deux investies dans le community management et les relations publiques en ligne depuis quelques années.

- Méthodes pour la Rédaction Web animé par Sabine Coulon et Célina Barahona, les deux pros de la stratégie de contenu.

- Autour du blog professionnel Par Véronique Da Costa, pro de la présence Web des petites et moyennes entreprises.

Chacun de ces trois workshops a connu un grand succès avec une vingtaine de participantes à chaque fois et de nombreuses rencontres fructueuses en ont découlées et nous tenons à remercier Le Dune, et Danone Communities pour leur accueil de ces événements.

-La Night des Tech Women, un événement multiréseau co-organisé avec La Cantine et Sillicon Sentier

Cet événement
de présentation et de Networking a rassemblé plus de 200 femmes (et quelques hommes) pros du Web, qui pour la majorité d’entre elles venaient pour la première fois à un événement professionnel. Il a généré de nombreuses interactions et un partage d’expérience sans précédent : entre techno girls, marketeuses et web entrepreneuses, on avait des tas de choses à partager.

Des sponsors nous avaient également soutenus : LeNewz, et Beartech, ainsi que les partenaires médias suivants : Les nouvelles news, Techcrunch france, Ma vie pro, Youvox & Ubergizmo

Nous sommes également intervenues dans le cadre de Digital4Change, afin de donner notre point de vue sur ce qu’apportait le Web dans la vie des femmes ici et ailleurs.

-Des événements informels,comme la Galette des Reines le 12 janvier dernier qui a rassemblé plus de 50 personnes : beaucoup de femmes et quelques hommes aussi : des employeurs potentiels notamment…Nous remercions d’ailleurs à ce propos Gobilab qui nous a accueilli dans La Ruche l’espace de co-working dédié au développement durable …

Un réseau solidaire et dynamique

Ces initiatives réussies, et appréciées, nous ont donc donné l’envie et l’énergie de continuer, mais surtout apporté la preuve que nous étions utiles. Nous avons suivi notre ligne de départ et notre idéal devient une réalité petit à petit, il évolue aussi, dans le bon sens, grâce aux apports des unes, des uns et des autres.

Ce qui m’a personnellement marquée c’est que de nombreuses personnes nous ont soutenues, se sont investies gratuitement et que de nombreuses opportunités et rencontres professionnelles se sont développées en finalement peu de temps.

Les Girlz In Web montrent, à travers leurs réussites et initiatives, leurs compétences professionnelles, mais aussi et surtout leur solidarité, et pour les plus jeunes prennent confiance dans leur choix de s’investir professionnellement dans un domaine en pleine effervescence et dont les débouchés sont nombreux.

Le web, une fois encore, prouve sa capacité à fédérer des énergies et des volontés rapidement et à transformer des vœux, pour qu’il ne restent pas pieux ! La force du réseau a fait grandir chacune et continuera, nous le souhaitons, à faire des étincelles pros et persos.

Le Web un business, en affinité avec les modes de vie des femmes modernes.

Le Web et les femmes c’est aussi une longue histoire : il leur permet de sortir de leur réserve, due le plus souvent à leur éducation, et de se mobiliser et cela depuis longtemps dans un esprit de solidarité.

La presse, a écrit quelques articles sur notre collectif et s’intéresse de près aux divers mouvements féminins du net dont nous sommes une des émanations. Notre chargée de Relations Publiques Lucie Tesquier en vraie pro est notre porte-parole à ces occasions.

On l’a vu récemment avec l’action révolutionnaire et pacifique des femmes tunisiennes qui a très fortement contribué à la mobilisation populaire. On le voit plus près de nous, avec l’émergence des Mom’Preneurs, des femmes « au foyer » qui grâce au Web peuvent entreprendre et sortir de leur quotidien couches et popottes…

On a beau dire, le féminisme depuis des années a fait avancer vers plus d’égalité, mais le chemin est encore long, pour que « de professionnelles femmes » nous devenions aux yeux de tous,  simplement des égales professionnelles des hommes.

Des Girlz In Web à suivre…

Nous vous proposons de participer à deux nouveaux événements à venir très bientôt : le 9 février pour un Ignite au féminin. Il s’agit d’un événement au cours duquel chacune devra pitcher très rapidement un sujet de prédilection : 15 secondes par slides, 20 slides, 5 minutes au total !

A cette occasion, nous remercions également Phil Jeudy, un bon vieux copain de bord, qui nous a permis d’utiliser le nom et de prendre en mains la méthode Ignite qu’il a importé en France depuis les Etats-Unis, mais aussi Valtech qui nous accueille dans ses locaux flambants neufs…Jacques Froissant récemment promu DRH de cette belle entreprise a été, bien sûr, un précieux intermédiaire pour que cet événement ait lieu dans de bonnes conditions.

Puis, un plus tard le 22 février, nous accueillerons, à La Cantine, les nouvelles recrues, présenterons l’équipe du « conseil d’administration » et ferons un appel à cotisation dans le cadre de la création de l’association.

Et vous dans tout ça ?

Car malgré de très nombreux soutiens et sponsors, l’association a besoin de fonds pour évoluer et proposer des contenus et événements. Il va sans dire que toutes les personnes qui ont participé au collectif l’ont fait bénévolement et sur leur temps de loisir. Mais nous aimerions, à l’avenir pourvoir ne serait-ce que dédommager celles qui se sont investies le plus.

En attendant ce nouveau pas en avant dans la vie du collectif, nous vous souhaitons une belle année 2011, visibilité, réussite professionnelle sous le signe de l’Internet !

Photos : Hedia Charni / Vidéo : Elodie Hanouna Musique : Célina Barahona

Petit update pour remercier Bolo, notre entrepreneuse des quatre vents qui, depuis le début de l’aventure, nous fournit l’outil de gestion de projet et do com’ interne, j’ai nommé Basecamp.

A lire ailleurs

Nous, on fait la révolution, et vous ? Portrait de Communauté

Delacroix, la liberté guidant le peuple

[Lu sur : My Community Manager, écrit par Anne Delauney]

On aura beau s’évertuer à créer ou à animer une communauté autour d’un objectif, d’un produit ou d’un service particulier ; c’est limite peine perdue si on n’essaie pas de savoir à qui l’on s’adresse. Il est de fait hautement nécessaire de savoir cibler la communauté dans sa psychologie, sa culture et surtout à travers son histoire.

Prenez par exemple deux types de communautés que nous connaissons à priori assez bien : une communauté française et une communauté américaine. Mis à part une différence notoire de langue, on se dit a priori que nous ne nous différencions pas tellement l’une de l’autre, les français consomment tous les jours des produits américains, tels que Coca Cola, séries télévisées, et autres café Starbucks. Les américains quant à eux ne se lassent pas de notre art de vivre, de notre gastronomie et de nos chers paysages (notamment la Côte d’Azur). Là, nous ne voyons que la partie émergée de l’iceberg.

1. Les différences entre les communautés française et américaine

Let’s take a closer look… Lorsqu’on lit la presse américaine, on voit toujours des titres qui nous laissent sceptiques mais hautement révélateurs « As US becomes more diverse, Hispanics flourish » (Reuters 21.12.2010). En considérant les minorités ethniques dans leurs statistiques, les Etats-Unis ont déjà créé des communautés.

Vous avez dans doute déjà pu remarquer justement dans ces séries télévisées où le héro se retrouve à assister à un séminaire présenté (ou devrais-je dire animé) par un homme en costar-cravate, généralement beau gosse avec un micro accroché à son oreille, un peu comme s’il avait une oreillette bluetooth… Avez-vous déjà remarqué cette ferveur dont l’assistance fait preuve ? Ils scandent tous le même slogan, applaudissent à chaque parole du prêcheur, heu pardon, de l’animateur devrais-je dire.

Avez-vous déjà vu telle ferveur autour d’une cause quelconque en France (hormis pour les rencontres sportives, notamment internationales où les français ont un bon niveau) ?

On le sait tous, aux États-Unis, il existe dans les Suburbs des associations de voisins qui veillent à la sécurité du quartier, et qui organisent aux beaux jours des barbecues, s’arrangent pour garder les enfants du quartier, etc. En France, je ne serai que trop prudente sur la récente « création » de la « fête des voisins ».

Cependant on notera une certaine capacité de mobilisation de la part des français autour des événements touchant à leurs acquis sociaux notamment : dernier exemple en date, les retraites. Je ne souhaite pas faire polémique, je ne fais que citer des faits d’actualité, j’aurais pu tout aussi bien citer un mouvement qui a marqué mes études tel que les manifestations anti CPE, datant de 2006.

La différence dans tout cela ? Vous me direz peut être que ceci est anecdotique ! Sans toute mais si je devais être exhaustive, la liste n’en serait que trop longue ! Ceci étant, la différence est notoire !
Les sociétés américaine et française n’ont quasiment rien en commun si ce n’est la capacité pour certaines de se mobiliser ponctuellement, mais massivement, et pour d’autre de se mobiliser en petit nombre, mais sur la durée !

Célèbre "I want you" symbole de l'oncle sam

2. Les fondements de ces différences

Je peux vous aiguiller sur la raison qui pousse les Français à ne pouvoir se mobiliser que ponctuellement et massivement en parallèle des Américains qui n’ont pas de scrupule à appartenir à de petites communautés, solides dans le temps.
Et cette réponse nous vient tout droit du XVIIème Siècle d’un petit gars que j’aime bien qui s’appelle Alexis de Tocqueville (lien). Ce cher Alexis, précurseur dans pas mal de domaines, a mis en exergue certains aspects de société inhérents à la France et aux États-Unis. Il vécut au lendemain de la Révolution Française et n’hésita pas à décrire le monde dans lequel il vivait et dont il est resté l’héritier au travers de ses œuvres.
Dans l’Ancien Régime et la Révolution (1856, lien), Tocqueville s’évertua à dénoncer la Loi Lechapelier de 1791 qui interdit en France à toute corporation de se former (lien). Cette loi eut pour résultat de casser ce qui tenait encore debout après la Révolution, c’est-à-dire toutes les solidarités horizontales, là où toutes les solidarités verticales avaient été battues en brèche. Ces corporations avaient toujours été là pour permettre à ses membres d’être épaulés, entendus, conseillés. Sans ces corporations, les citoyens français sont devenus des êtres dont le seul référent n’était plus que l’Etat ; les citoyens se méfiant dorénavant les uns des autres.

Il fallut attendre 1901 pour que les associations et autres groupements soient de nouveau tolérés sur le territoire. Dès lors vous pourrez constater que deux siècles auront suffit à casser les solidarités de fait entre les français. En plus de cela, la Laïcité prônée par l’Etat comme principe fondateur de la Constitution, soulignant par là même le principe d’égalité entre les citoyens, empêche aujourd’hui encore d’émettre des statistiques ethniques, ce qui empêche la formation de communautés ethniques reconnues officiellement en France (à l’image des Etats-Unis).

En, parallèle, aux Etats-Unis, Tocqueville découvre une Nation toute jeune qu’il décrit dans De la Démocratie en Amérique (1835-1840, lien). Il y découvre un merveilleux foisonnement de solidarités tant bien verticales qu’horizontales, donnant naissance à des associations. Avec le temps se sont constituées de réelles communautés, de véritables lobbys qui ont acquis aujourd’hui un poids considérable ! Il s’agit d’un réel contre pouvoir constitué de groupes d’influence chacun à son échelle. De la même manière, il n’existe pas de principe constitutionnel d’égalité (à l’image de la France) dans la Constitution des Etats-Unis. Dès lors, les statistiques ethniques ont toujours existé et cela ne choque personne que ces études existent. Ceci étant, ce manque a débouché sur des dérives graves telles que la Ségrégation qui n’est rien d’autre que l’héritage d’un passé esclavagiste.

Cependant, en tant que Community Manager, on ne reprochera certainement pas aux États-Unis leur histoire dans la création du concept !

3. Conclusion

Ainsi on peut donc remarquer à travers l’histoire et l’histoire de la politique notamment, que la Société Américaine est plus mature que la Société Française en matière de communauté (si ce n’est en matière de communautarisme). Les Américains ont des communautés partout et pour tout ! Les Français comptent toujours sur l’Etat pour qu’il règle leurs problèmes. Et cela ne se remarque pas uniquement dans la communauté. On peut également le constater dans la propension qu’ont les Américains à créer, entreprendre, à vivre leur rêve américain de « self made man » et de la conquête de l’Ouest ! C’est l’idée du « je me fais tout seul, je ne demande rien à personne, si j’ai besoin d’aide, je prends conseil auprès de ma communauté, il ne me viendrait jamais à l’esprit de demander de l’aide à l’Etat qui n’est là que pour protéger le territoire et non pour régenter ma vie ». En France on ne sait faire que la Révolution (gros mouvements populaires). Mais après que la tempête est passée… Qu’est-ce qu’on fait ? C’est là tout le problème !

Dès lors animer une communauté en France peut s’avérer fort compliqué lorsque l’on a à faire participer ses membres de manière récurrente. On se retrouve devant des problématiques suivantes : comment faire pour que mes fans soient plus actifs sur la page fan (Facebook ou autres) dont je suis l’administrateur ? Qui puis-je encourager ? Comment faire davantage ? Augmenter la visibilité de mon entreprise, de mon produit, de mon service, certes, mais à quelles fins ? Surtout si on s’adresse à des Français !

Pour ceux qui ont la chance d’animer des communautés internationales, quelles sont les opportunités à saisir ? Est-ce pour autant plus facile ?

Ceci étant, il ne faut pas voir cette propension révolutionariste comme un frein, mais plutôt comme une opportunité de notre nature/culture à savoir se mobiliser autour de symboles forts afin d’en tirer partie en tant que Community Manager. Car c’est là que réside toute la force de notre culture. J’entends encore le slogan « impossible n’est pas français » (Napoléon Bonaparte). Hé bien saisissons cette chance !

Qu’en pensez-vous ?

Evénements

Le Salon des Entrepreneurs , les 2 et 3 février 2011

Salon des entrepreneurs

En 2011, faites avancer votre projet ! Vous êtes dirigeant, jeune entrepreneur ou porteur de projet et souhaitez faire les bons choix pour votre entreprise ?

Rendez-vous à Paris les 2 et 3 février 2011 sur le Salon des Entrepreneurs au Palais des Congrès (Métro: Porte Maillot) ! Découvrez les cycles de formation gratuits, rencontrez des spécialistes de l’accompagnement et échangez avec d’autres entrepreneurs.
Une 18ème édition du Salon des Entrepreneurs placée sous le signe de la créativité et l’innovation!


Inscrivez-vous et bénéficiez d’une invitation gratuite en cliquant ici
Pour faciliter vos rencontres sur le Salon, nous vous invitons à rejoindre le nouveau réseau social reseau.salondesentrepreneurs.com où vous pourrez échanger avec d’autres entrepreneurs ! Faites connaissance et retrouvez-vous au Salon sur un espace dédié !

Opportunités

L’agence Limpide recrute DA junior

Limpide, agence de design global spécialisée dans le web et l’identité des marques, basée à Paris, recherche un(e) directeur/directrice artistique junior.

Descriptif du poste : Créatif polyvalent, vous interviendrez sur la conception de logos, sites Internet, animations, newsletter, emailing…

Profil : vous êtes jeune diplômé, ou avez quelques années d’expérience en tant que créatif dans une agence de communication.
Passionné, réactif, rigoureux et autonome, ayant une bonne connaissance des métiers du web (technique, ergonomie) et des marques ; une approche de la création basée sur la réflexion et la vision globale d’un projet.

Compétences : Parfaite maitrise du dessin, des logiciels Photoshop, Illustrator, Indesign.
Compétences optionnelles souhaitées : Flash, 3D, After Effects, Dreamweaver.

Envoyez vos candidatures à : 
Site de l’agence (en construction) http://www.limpideagency.com

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