# Bonjour Célina. Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Me Myself and I : Célina Barahona, 33 ans (déjà ??). J’ai fait des études de gestion financière, de musicologie, de publicité et de marketing. Actuellement je suis CEO de ma propre boîte, So Cult : un studio de création transmedia.

# Pourquoi as-tu suivi ces études ? Dans quel but ?

J’ai d’abord choisi des études de gestion financière (qui m’ont beaucoup servi dans mon évolution pro par la suite). Je voulais être experte comptable (ah ah ah !!). Mais ce n’était pas pour moi, j’avais besoin de mouvement, de relations humaines et de créativité … Travailler dans l’organisation de projets culturels / de divertissement est devenu mon nouveau projet. Depuis très jeune j’adorais imaginer des histoires, faire des petits films, des chorégraphies, des chansons, etc … Ça avait donc plus de sens pour moi. Mais par dessus tout j’aimais ORGANISER des trucs et des bidules, particulièrement des fêtes :).
> Après mon DUT de gestion, j’ai fait une année de semi pause. J’ai intégré un DEUG de musicologie à la Sorbonne, par intérêt intellectuel et perso. Et j’ai cumulé en parallèle pas mal de boulots dans des bars et clubs parisiens pour payer mon studio. Cette expérience dans le monde de la nuit m’a confirmé l’envie de trouver une voie d’études qui me permette de travailler dans n’importe quel secteur pourvu qu’il y ait la possibilité d’imaginer des choses un peu créatives et divertissantes, mais avec des chiffres parce que j’aime ça aussi :). Je voulais une bonne formation me permettant d’être touche à tout dans des environnements au croisement entre « business », pour le côté sérieux et chiffres, et « créativité », pour le côté amusant et imaginatif.
> La suite : un an en école de publicité (et pas mal de chouettes stages), puis 3 ans au CELSA pour y étudier le marketing et les stratégies de marque. J’ai fait mon mémoire sur la marque-média et 10 ans après je réalise que ce sujet de mémoire est central dans mon métier.

# Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton métier ? Qu’est-ce que tu aimes le plus ?

Mon métier aujourd’hui est une sorte de synthèse de toutes les expériences, expertises et connaissances emmagasinées ces dix dernières années. Et le meilleur c’est que je ne suis pas seule dans cette aventure ! J’ai 2 associés dont 1 en particulier (Olivier) avec qui je forme un vrai binôme. A 2 ça rebondit mieux et pour des métiers qui nécessitent d’être créatif, c’est ultra efficace.
> A l’origine nous nous sommes rencontrés autour d’une idée de série documentaire. Qui aujourd’hui est en plein développement :).
Nous nous sommes découverts, à travers ce projet, un amour commun pour le racontage d’histoires, la création artistique et une affection pour des univers de marques. Et on a voulu aller plus loin ensemble.
> Et donc en quoi consiste notre métier au sein de So Cult?
Nous racontons des histoires. Nous créons des univers. Puis nous les développons pour devenir des licences. A l’instar de différents univers et programmes très connus (Marvel Comics, Star Wars ou dans un autre genre, Tracks, Jackass and so on, la liste est infinie), le point de départ est une idée, qui devient une histoire, qui devient un univers. Univers qui peut prendre plein de formes et vivre sur pleins de support différents …. Et pendant longtemps.
Nous développons en ce moment même deux séries documentaires, un univers de fiction animé et une plateforme de contenus liée à twitter. Et nous avons 4/5 projets en écriture.
> Les marques dans tout ça?
Pour certains de nos projets, elles sont des partenaires et sources de financement. Pour d’autres, elles sont nos clients. Mais à chaque fois, nous les abordons comme des personnages des histoires. La plupart des grandes marques sont devenues des acteurs de la pop culture, la frontière entre un univers de fiction comme Batman ou un univers de marque comme Lego s’efface. C’est très enthousiasmant et ça ouvre les portes de la perception … 😉
Le storytelling de marque est donc central dans notre activité. Avec son cousin direct : le brand content.
Nous pensons que certains univers de marques peuvent vivre et être développés comme des licences. Le développement du transmedia planning est donc un autre élément clé de notre activité. Pour certains, c’est un concept fumeux mais pour nous, au-delà du terme, ce que ça signifie c’est le fait d’appliquer des techniques scénaristiques et narratives à la conception de dispositifs faisant appel à pleins de supports et donc à des expériences différentes (pour des marques ou pas). Avec les supports et formats comme éléments de narration. Chacun a ses spécificités et celles-ci participent à la narration. Il y a une syntaxe twitter, comme il y a une écriture pour le format court en tv … Et puis il y a des formats différents pour un même « objet », le jeu vidéo par exemple : un mmorpg ne procure pas la même expérience de jeu qu’un Social game comme Farmville. La liste d’exemples est immense ….
Précisément.
C’est ce qui est fascinant dans notre métier.
> Au-delà de la maitrise de l’écriture spécifique à chaque support et pour chaque format, il y a ensuite la scénarisation des différents supports entre eux. Car ils ne sont plus pensés comme une fin en soi ni étanches entre eux. Chacun, du fait de sa spécificité, raconte un bout de l’histoire, développe un pan de l’univers différemment, et tous se complètent, dans un scénario plus global.
Écrire des histoires qui peuvent aller au-delà d’un one shot et qui intègrent tous les supports à disposition comme éléments d’écriture, serait un bon résumé de notre métier. Je m’étale et pourtant je pourrais encore en parler des lignes et des lignes.

# Comment envisages-tu ton évolution professionnelle ? Un exemple ?

Sincèrement, je pense avoir trouvé ma voie et ma place avec So Cult et surtout aux côtés de mes associés que j’ai choisis (comme ils m’ont choisie évidemment) pour leurs talents mais aussi beaucoup pour leurs qualités humaines. Ambition : à fond. Mais pas au détriment de valeurs humaines qu’on partage tous les 3 et qui constituent notre socle commun ainsi que notre raison d’avancer ensemble.

# De quels conseils aurais-tu voulu bénéficier pour ton évolution professionnelle (mais que tu n’as pas eu) et que tu souhaites maintenant nous faire partager ?

Ou plutôt ceux que j’ai bien fait de ne pas écouter : la fameuse « voie de la raison ». Plus sérieusement, au-delà de conseils, je pense que ce dont j’aurais aimé bénéficier c’est d’une vision, ancrée dans la réalité et incarnée, de différents métiers. Parce que les conseillers d’orientation ou les fiches de l’Onisep … Pour le coup, ça ne raconte rien et c’est froid :). Pouvoir rencontrer des professionnels de métiers, que parfois j’ai beaucoup idéalisés ou au contraire que j’ai mésestimés, ça aurait été très constructif. C’est complémentaire des stages qui ne suffisent pas à se faire une bonne idée de métiers et secteurs d’activité.

# Pourquoi fais-tu partie de GIW ?

D’abord parce que je n’ai jamais compris qu’être une femme puisse être un handicap. Les discriminations fondées sur des éléments non choisis (à la naissance, on ne choisit pas d’être homme ou femme ni noir ni blanc, etc, hein que je sache ;)) sont la pire idiotie que je connaisse. Et pourtant ces inégalités de traitement ou d’appréhension, je les ai ressenties dans toutes mes expériences. Bref. Comme ça m’a toujours gonflée, que j’aime l’action et organiser des choses, j’ai voulu « faire qqchose » à mon échelle et qui me ressemble. Les nouvelle technos sont de formidables armes pacifiques notamment dans ce qu’elles offrent comme opportunités de réseautage. Et le réseautage est souvent un automatisme que les hommes ont plus que les femmes. « Et bien donc créons un réseau pro pour permettre aux femmes de mieux réseauter ! ». Cela passe entre autres choses par se rendre visible donc se mettre en avant (non ce n’est pas sale ;)), partager des connaissances, des contacts et in fine, gagner en progression et en confiance. Il n’y a aucune volonté vindicative mais juste une envie d’actions concrètes pour réussir des choses que les hommes réussissent parfois mieux et que je trouve très constructives et enthousiasmantes : développer ses réseaux et progresser professionnellement. That’s it.

# Quel est ton rôle au sein de l’asso ?

Je suis co-fondatrice du réseau et responsable du portail.

# Que retires-tu de ton implication dans l’asso ?

Ce réseau, c’est une histoire à lui seul. Plus que ça, c’est une aventure humaine qui me laissera une trace à vie. C’est une des concrétisations dont je suis le plus fière. Et pour une raison simple : je suis depuis toujours ultra admirative des humains qui ont l’énergie de faire et de construire des choses. Cette énergie est rare et encore plus quand il s’agit de prendre sur du temps personnel et que la rémunération n’est pas immédiate ni directement financière. Et c’est encore plus rare que l’envie de réussir ensemble soit plus forte que les égos. Et on y arrive, pas toujours en douceur, mais toujours avec un vrai respect de ce que l’autre apporte au projet global. J’ai vachement d’estime pour les nanas actives du réseau. Les moments où on se réunit sont à la fois ultra efficaces et très conviviaux. On s’écoute, on se supporte, on se file des conseils, des contacts et on construit ensemble. La classe quoi. Rien à ajouter.

# Lien utile :

www.socultstudio.com